National Council of Welfare

Conseil national du bien-être social

PROFIL DU BIEN-ÊTRE SOCIAL : MYTHES ET RÉALITÉS

Rapport du Conseil national du bien-être social Printemps 1998



TABLE DES MATIÈRES

                                                               Page

  
DIX PETITES QUESTIONS AU SUJET DE L'AIDE SOCIALE .....................1  

RÉPONSES AUX DIX PETITES QUESTIONS AU SUJET DE L'AIDE SOCIALE ........2  

I.     MÉTHODE ET DÉFINITIONS........................................4  

II.    TYPE DE FAMILLE ET TAILLE DE LA FAMILLE.......................8  

III.   RAISONS POUR TOUCHER DE L'AIDE SOCIALE.......................15  

IV.    LONGUEUR DE LA PÉRIODE COURANTE À L'AIDE SOCIALE.............25  

V.     JEUNES, VIEUX ET ENTRE DEUX..................................35  

VI.    NIVEAU D'INSTRUCTION.........................................43  

VII.   AUTRES SOURCES DE REVENU.....................................49  

VIII.  LOGEMENT.....................................................56  

CONCLUSION...........................................................63  

ANNEXE: STATISTIQUES CHRONOLOGIQUES
PROVINCIALES ET TERRITORIALES........................................66  

INDEX DES GRAPHIQUES ET DES TABLEAUX.................................81  


DIX PETITES QUESTIONS AU SUJET DE L'AIDE SOCIALE


     Avant de lire ce rapport, prenez une minute pour mettre à l'épreuve votre connaissance
de l'aide sociale. Les réponses sont données à la page suivante, avec renvoi aux données
dans le texte. Lesquelles, parmi les affirmations suivantes au sujet de l'aide sociale et des bénéficiaires
de l'aide sociale, sont vraies? 1. La plupart des bénéficiaires de l'aide sociale sont des jeunes qui devraient aller
travailler. 2. Le nombre des bénéficiaires a diminué considérablement depuis que le Canada
a commencé à sortir de la dernière récession en 1991. 3. Les adolescentes non mariées forment le gros des mères chefs de famille monoparentale
qui touchent de l'aide sociale. 4. La plupart des bénéficiaires de l'aide sociale quittent rapidement les rangs des
bénéficiaires, de sorte que la dépendance à long terme à l'égard de l'aide sociale est
rare. 5. Les bénéficiaires de l'aide sociale sont presque en totalité des adultes. 6. L'invalidité n'est pas une cause importante de recours à l'aide sociale. 7. Beaucoup de mères chefs de famille monoparentale ont beaucoup d'enfants pour obtenir
des chèques d'aide sociale plus gros. 8. La situation de la plupart des bénéficiaires de l'aide sociale n'est pas si difficile,
car, grâce au logement subventionné, ils ont droit à un logement à coût réduit. 9. La plupart des bénéficiaires de l'aide sociale ont un autre revenu provenant d'un travail
à temps partiel, de l'assurance-emploi ou d'un régime gouvernemental de pension. 10. Les gens instruits ne se retrouvent pratiquement jamais bénéficiaires de l'aide sociale.

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RÉPONSES AUX DIX PETITES QUESTIONS AU SUJET DE L'AIDE SOCIALE


     Toutes les affirmations au sujet de l'aide sociale et des bénéficiaires de l'aide sociale
présentées à la première page de ce rapport sont fausses. Voici les faits, avec des renvois aux
pages concernées pour un complément d'information dans le texte. Les pourcentages indiqués
dans les réponses ci-dessous renvoient aux dossiers de la base de données sur l'aide sociale
dans ce rapport. 1. Quatre pour cent seulement des chefs de ménage en mars 1997 avaient moins de 20
ans et 12 autres p. cent avaient entre 20 et 25 ans. (Tableau 8, page 39) 2. Le nombre des ménages à l'aide sociale a continué d'augmenter après la fin de
la récession parce que le taux de chômage restait élevé. La première baisse du nombre
des ménages a été observé en 1995. (Tableau 1, page 10) 3. Trois pour cent seulement des chefs de famille monoparentale à l'aide sociale
en mars 1997 avaient moins de 20 ans. (Graphique I, page 37) 4. Cinquante-quatre pour cent des ménages à l'aide sociale en mars 1997
étaient bénéficiaires de l'aide sociale de façon continue depuis 25 mois ou plus.
(Graphique F, page 26) 5. Les enfants à charge de moins de 18 ans représentaient près de 1,1 million des personnes
à l'aide sociale en mars 1997. (Tableau 9, page 40) 6. Vingt-sept pour cent des chefs de ménage au mois de mars 1997 invoquaient l'invalidité
comme raison pour être bénéficiaires de l'aide sociale. (Graphique C, page 16) 7. Près de la moitié des familles monoparentales à l'aide sociale en mars 1997 ne
comptaient qu'un enfant et une autre tranche de 31 p. cent ne comptaient que
deux enfants. (Graphique J, page 42)

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8.   Sept pour cent seulement des ménages à l'aide sociale en mars 1997 vivaient en logement
subventionné. (Graphique O, page 56) 9. Vingt-neuf pour cent seulement des ménages à l'aide sociale en mars 1997 touchaient un
revenu de travail d'une autre source, des pensions gouvernementales, des pensions
alimentaires, des prestations d'assurance-emploi, ou des sommes provenant d'autres
sources. (Graphique M, page 49) 10. L'instruction ne procure pas une protection absolue contre le risque de devenir
bénéficiaire de l'aide sociale. Quelque 11 p. cent des chefs de ménage à l'aide sociale
en mars 1997 justifiaient d'une forme quelconque d'études postsecondaires.
(Graphique K, page 45) Si vous avez obtenu sept bonnes réponses ou plus, vous pouvez vous taper dans le dos,
mais poursuivez votre lecture. Si vous avez raté plus de deux ou trois réponses, vous
devez incontestablement poursuivre votre lecture. Les questions et réponses du test renvoient à des mythes, à des erreurs de perception et
à des stéréotypes au sujet de l'aide sociale et des bénéficiaires de l'aide sociale. Toutes ces
formes d'idées fausses empêchent de bien comprendre l'un des plus importants programmes
sociaux du Canada et elles rendent encore plus difficile d'obtenir l'appui du public à une
réforme de l'aide sociale dans le meilleur sens du terme. Le Conseil national du bien-être social espère que ce rapport dissipera nombre des mythes
qui entourent l'aide sociale et permettra de se faire une idée plus réaliste des millions de
Canadiens et Canadiennes qui se tournent vers l'aide sociale lorsqu'ils ont épuisé toutes
les autres sources de revenu.

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I. MÉTHODE ET DÉFINITIONS


   Depuis nombre d'années, la Direction de la production et de l'analyse de l'information
sur les programmes sociaux de Développement des ressources humaines Canada et les servicesqui
l'ont précédée à Santé nationale et Bien-être social Canada travaillent avec les fonctionnaires
des gouvernements provinciaux et territoriaux à constituer une base d'informations descriptives
et statistiques sur les programmes d'aide sociale. Le Conseil national du bien-être social a
puisé dans cette réserve de connaissances en de nombreuses occasions pour y trouver la matière
de base aux rapports qu'il a publiés. Il y a plusieurs années, les gouvernements ont fait un grand pas en avant en s'associant
à une entreprise en collaboration connue sous le nom officieux de projet de profil de l'aide
sociale. Ce projet avait pour but de constituer une base de données statistiques sur l'aide
sociale qui serait plus ou moins la même pour toutes les provinces. Les statistiques sont
classées par cas en fonction du type de famille, de la taille de la famille, du groupe d'âge du
chef du ménage dans chaque cas, des raisons pour lesquelles on touche de l'aide sociale, du
nombre de mois passés à toucher de l'aide sociale, des dispositions relatives au logement, du
niveau d'instruction du chef du ménage et des sources de revenu autres que l'aide sociale. Les premières données ont été collectées pour le mois de mars 1990, et les suivantes,
pour les mois de mars 1992, 1994, 1995, 1996 et 1997. Le Conseil national du bien-être social s'inquiète depuis longtemps du peu d'information
fiable et à jour sur les programmes sociaux qui soit facilement accessible aux Canadiennes et
Canadiens ordinaires. Il a par conséquent demandé et obtenu la permission des fonctionnaires
de tous les gouvernements provinciaux et territoriaux d'avoir accès à la base de données à
des fins de recherche. Le présent rapport est le résultat de tous ces efforts. Le Conseil national du bien-être
social apprécie au plus haut point le travail des fonctionnaires fédéraux, provinciaux et terri-
toriaux qui collectent et analysent les données sur l'aide sociale. Nous espérons que notre
rapport contribuera à mieux faire connaître au public le phénomène de l'aide sociale au Canada
et à dissiper nombre des mythes que l'aide sociale et les bénéficiaires de l'aide sociale
inspirent.

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   L'unité d'analyse de base utilisée dans la majeure partie de Profil du bien-être social :
mythes et réalités est le ménage, par opposition au bénéficiaire individuel de l'aide sociale.Un
ménage peut être une personne seule qui touche de l'aide sociale ou une famille qui touche de
l'aide sociale. La personne seule se définit comme étant une personne qui vit seule ou avec
d'autres sous un même toit sans être unie à eux par les liens du sang ou du mariage. Les
familles sont des couples, mariés ou vivant en union de fait, ou des parents seuls et elles
comprennent les enfants à charge ou d'autres membres de la famille à charge. L'admissibilité
d'une famille à l'aide sociale est basée sur les besoins de la famille et le revenu familial. À
l'exception des cas d'invalidité, il est rare qu'un membre d'une famille soit bénéficiaire de
l'aide sociale et fasse partie du même ménage que des membres de la famille qui ne sont
pas bénéficiaires de l'aide sociale. Les bénéficiaires individuels de l'aide sociale sont les personnes qui dépendent de l'aide
sociale pour leur revenu de soutien. Une famille de quatre personnes, par exemple, représente
un ménage à l'aide sociale et quatre bénéficiaires individuels d'aide sociale. Dans ce rapport,
l'information au sujet des bénéficiaires individuels de l'aide sociale est limitée, sauf pour
quelques pages consacrées aux enfants et aux aînés au chapitre V et certaines statistiques
à l'annexe. Les personnes seules et les familles peuvent également être regroupées par type familial,
tel que les hommes seuls, les femmes seules, les couples sans enfants, les couples avec enfants
et les familles monoparentales. Les types familiaux utilisés dans ce rapport ne sont pas
identiques à la typologie retenue pour Profil de la pauvreté et la plupart des autres publica-
tions du Conseil national du bien-être social. Dans le système d'aide sociale, une mère chef de
famille monoparentale peut être une mère de n'importe quel âge avec des enfants à charge
de n'importe quel âge. Dans Profil de la pauvreté, cette catégorie est limitée aux mères seules
de moins de 65 ans ayant au moins un enfant de moins de 18 ans. L'information sur le volume des dossiers d'aide sociale par type familial est du domaine
public depuis un certain temps et nous la reprenons au chapitre II de ce rapport pour la
commodité des lecteurs et des chercheurs. Il en va de même pour les données historiques
sur l'aide sociale, la pauvreté et le chômage que l'on trouvera à l'annexe. La base de données du projet de profil de l'aide sociale est une mine d'informations
statistiques sur l'aide sociale, mais elle a ses limites. Certains ensembles de données sont

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disponibles pour la totalité ou pour la plupart des provinces pour le mois de mars de chacune
des six années. D'autres présentent d'importantes lacunes, soit à l'égard des années représen-
tées soit à l'égard du nombre de provinces ayant fourni des données. Les lecteurs remarqueront
que les tableaux et graphiques de ce rapport font état d'«échantillons à 95 p. cent» ou d'«éch-
antillons à 82 p. cent», ce qui signifie que les données du graphique dont il est question
représentent 95 p. cent ou 82 p. cent du nombre estimatif total des dossiers au pays, soit
1 494 800 en date du mois de mars 1997. Le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest n'ont pas fourni de données à verser à la base
de données pour 1997 et le Nouveau-Brunswick n'a pas fourni de données pour certaines
catégories. Ensemble, ces trois régions représentent moins de trois pour cent du volume national
total des dossiers. Il y a également des lacunes dans les données fournies par la Nouvelle-Écosse, l'Ontario
et le Manitoba, les trois provinces qui ont des régimes d'aide sociale à deux niveaux depuis la
majeure partie ou la totalité des 30 dernières années. La Nouvelle-Écosse et le Manitoba ont
fourni des données sur les programmes d'aide sociale provinciaux et aucune sur les programmes
d'aide sociale dirigés par les administrations municipales. Il y avait environ 17 400 ménages
à l'aide sociale municipale en Nouvelle-Écosse et 16 400 ménages dans la même situation
au Manitoba au mois de mars 1997. Le volume des dossiers municipaux des deux provinces
représente deux pour cent du volume national. La plupart des échantillons présentés dans le texte sont des échantillons à 95 p. cent, ce
qui comprend toutes les provinces et territoires sauf le Nouveau-Brunswick, le Yukon et les
Territoires du Nord-Ouest et les données sur l'aide sociale municipale de la Nouvelle-Écosse
et du Manitoba. En Ontario, troisième province à être dotée d'un système à deux paliers en 1997, la base
de données comprend tous les ménages inscrits au programme provincial d'aide sociale et
85 p. cent des ménages à l'aide sociale municipale. Le Conseil national du bien-être social
a «arrondi» les données municipales à 100 p. cent. En règle générale, les variables de la base de données qui touchent les caractéristiques
démographiques sont uniformes dans tous les régimes d'aide sociale au Canada. Certaines autres

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variables, en revanche, notamment la raison pour laquelle on est bénéficiaire de l'aide
sociale et la scolarité, varient considérablement d'une province à une autre. La raison pour laquelle on est bénéficiaire de l'aide sociale est l'une des variables les
plus fréquemment utilisées dans les tableaux croisés dans la base de données, mais il faut in-
terpréter les données avec grand soin. Même les raisons telles que l'emploi ou l'invalidité
n'ont pas le même sens dans toutes les provinces. Dans certaines provinces, par exemple, on
range les familles monoparentales dans une catégorie reliée à l'emploi, tandis que dans d'au-
tres, le fait d'être parent unique est, en soi, un motif d'assistance sociale, pas seulement un
type de famille. La définition de l'invalidité et le caractère permanent ou temporaire de cette dernière
varient considérablement d'une province à une autre. L'Alberta est dotée d'un programme
provincial indépendant du régime d'aide sociale, un régime de revenu assuré pour les personnes
souffrant d'un handicap physique grave, et plusieurs autres provinces examinent la possibilité
de séparer les programmes destinés aux personnes handicapées du régime d'aide sociale. La base de données de certaines provinces prévoit des motifs d'assistance sociale reliés
à l'âge ou regroupe un grand nombre de ménages à l'aide sociale dans une catégorie
non précisée appelée «autres». La plupart des données fournies par les provinces ont été collectées au mois de mars de
chacune des années dont la base de données rend compte. Certaines années, une partie des
données émanant du Québec, de l'Ontario et du Manitoba a été collectée un autre mois. Dans
tous les cas, les données constituent un instantané du volume des dossiers d'aide sociale à un
moment donné. Elles ne montrent pas comment le volume des dossiers change de mois en mois
et elles ne suivent pas non plus les mouvements d'accession au régime d'aide sociale et de
sortie de ce dernier. Malgré toutes ces limites, la base de données constitue de loin la meilleure source de ren-
seignements statistiques sur l'aide sociale à avoir été mise au point ces dernières années. Le
Conseil national du bien-être social espère que les fonctionnaires affectés aux régimes d'aide
sociale partout au pays continueront de lui fournir régulièrement de l'information et que les
versions futures de la base de données contribueront à accroître encore notre masse de
connaissances de l'un des programmes sociaux les plus importants et les moins bien
compris du Canada.

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II. TYPE DE FAMILLE ET TAILLE DE LA FAMILLE

   Les chances pour qu'une personne doive recourir à l'aide sociale à un moment donné de
sa vie varient considérablement selon le type de famille. Les trois types de famille le plus
souvent à l'aide sociale sont les hommes seuls, les femmes seules et les familles monoparentales
dont le chef est une femme. En période de difficulté économique comme en période de
prospérité, ces trois types de famille sont surreprésentés parmi la clientèle de l'aide sociale. Chaque ménage se compose d'une ou de plusieurs personnes à l'aide sociale. Par
définition, tous les ménages composés d'hommes ou de femmes seuls se composent d'une
personne chacun. Les ménages composés de familles ont tendance à être relativement petits.
Le stéréotype des familles à l'aide sociale comptant une ribambelle d'enfants est loin de
la vérité.

  

GRAPHIQUE A



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   Le graphique A montre le nombre de ménages à l'aide sociale par type de famille en
mars 1997 pour toutes les provinces. Le graphique ne présente pas de données relevant des
programmes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba. Dans l'ensemble,
les dossiers présentés dans le graphique A représentent 97 p. cent du volume national total
des dossiers en date du mois de mars 1997. Les mères chefs de famille monoparentale représentent 388 426 ménages, soit 27 p. cent
des ménages, dans le graphique A; les femmes seules représentent 21 p. cent du total et les
hommes seuls, 34 p. cent. La publication annuelle du Conseil national du bien-être social, Pro-
fil de la pauvreté, révèle que les mères chefs de famille monoparentale et les personnes seules
forment les types de famille les plus susceptibles d'être pauvres, si bien qu'il n'est pas
surprenant de les retrouver également parmi les plus susceptibles d'être bénéficiaires de l'aide
sociale. Les trois types de famille sont surreprésentés au sein de la clientèle de l'aide sociale par
rapport à leur nombre au sein de la population dans son ensemble. Les mères chefs de famille
monoparentale représentent 27 p. cent des ménages dans le graphique A, mais dans la population
dans son ensemble, elles ne représentent que six pour cent de tous les types de famille de moins
de 65 ans. Les femmes seules représentent 21 p. cent des ménages à l'aide sociale mais
seulement 12 p. cent de tous les types de famille de moins de 65 ans. Les hommes seuls
représentent 34 p. cent des ménages à l'aide sociale et 17 p. cent de tous les types de famille
de moins de 65 ans. Le graphique révèle une autre différence curieuse : le fait que le nombre des hommes
seuls qui touchent de l'aide sociale est nettement plus élevé que le nombre des femmes seules
qui touchent de l'aide sociale. Un coup d'oeil aux chiffres de l'ensemble de la population
adulte de moins de 65 ans révèle une différence semblable dans le nombre des hommes et des
femmes seules. De toute évidence, certains hommes seuls sont les pères des enfants des mères
chefs de famille monoparentale. Les hommes vivent seuls, tandis que les femmes vivent avec les
enfants. Les répartitions par type de famille n'ont guère changé dans les années qui ont suivi la
collecte des premiers chiffres, en 1990. Bien que le nombre des bénéficiaires d'aide sociale
ait augmenté de façon importante dans le sillage de la récession de 1990-1991, la proportion des

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différents types de familles bénéficiaires de l'aide sociale n'a pas changé de plus d'un point
de pourcentage ou deux d'une année à une autre. Le tableau 1 donne les détails pour la période allant de mars 1990 à mars 1997.
Les chiffres couvrent les dix provinces ainsi que les deux territoires et ils ont été compilés
par des fonctionnaires de Développement des ressources humaines Canada qui ont utilisé,
outre les données de la base, d'autres renseignements.

TABLEAU 1 NOMBRE ESTIMATIF DE MÉNAGES À L'AIDE SELON LE TYPE DE FAMILLE, TOUTES LES PROVINCES ET LES TERRITOIRES


  

Mars

Personnes seules

Couples sans enfants

Parents seuls

Couples avec enfants

Total

1990 597 800-57% 55 800-5% 309 400-29% 93 000-9% 1 056 000-100%
1991 710 000-57% 62 400-5% 349 400-28% 117 200-9% 1 239 000-100%
1992 840 900-57% 72 900-5% 408 200-28% 149 000-10% 1 471 900-100%
1993 924 500-57% 80 500-5% 441 500-27% 169 700-10% 1 616 200-100%
1994 948 700-57% 81 700-5% 465 600-28% 179 900-1% 1 675 900-100%
1995 928 300-56% 79 900-5% 472 500-28% 178 600-11% 1 659 200-100%
1996 869 300-55% 80 800-5% 454 500-29% 177 400-11% 1 582 000-100%
1997 822 600-55% 77 500-5% 429 600-29% 165 000-11% 1 494 800-100%


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   Quatre types de famille seulement ont fait l'objet d'une estimation année après année :
les personnes seules, les couples sans enfants, les familles monoparentales et les couples avec
enfants. Les totaux annuels englobent également une poignée de ménages qui n'entrent
dans aucune des quatre catégories standard. Le nombre des ménages composés de personnes seules, par exemple, a été estimé à
597 800, soit 57 p. cent de tous les ménages à l'aide sociale au mois de mars 1990. Leur
nombre a augmenté considérablement au cours des années suivantes pour atteindre son sommet
en mars 1994, mais le pourcentage des ménages est resté plus ou moins le même d'une
année à l'autre. Les statistiques relatives aux trois autres types de famille ont suivi à peu près la même
évolution. Avec la récession qui prélevait son tribut, tous les types de famille étaient
davantage exposés à aller grossir les rangs des bénéficiaires de l'aide sociale. Tandis que
l'économie sortait de la récession, le risque d'aller grossir les rangs des bénéficiaires de
l'aide sociale diminuait pour tous les types de famille. Le tableau 2 à la page suivante montre les variations par type de famille et par province
à l'aide de données de mars 1997 provenant du projet de profil de l'aide sociale. Le total de
1 452 779 ménages qu'indique le tableau représentent 97 p. cent du total de 1 494 800
ménages du tableau 1. Au premier coup d'oeil, ce sont la Nouvelle-Écosse et le Manitoba, deux provinces qui ont
des régimes d'aide sociale à deux niveaux, qui présentent les variations les plus frappantes.
Dans un régime à deux niveaux, le volume des dossiers qui relèvent de la province est composé
de bénéficiaires à long terme, notamment de familles monoparentales et de personnes
handicapées, tandis que les dossiers de niveau municipal sont essentiellement des dossiers à
court terme, le bénéficiaire ou le chef de la famille étant considéré comme apte au travail. Deux des rangées portent les mentions Nouvelle-Écosse (Régime provincial) et Manitoba
(Régime provincial) pour les distinguer des autres provinces. Si le tableau présentait les
statistiques du régime d'aide sociale de niveau municipal, les pourcentages de la Nouvelle-
Écosse et du Manitoba auraient probablement été plus proches du pourcentage total indiqué dans
la rangée du bas du tableau.

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TABLEAU 2 NOMBRE DE MÉNAGES À L'AIDE SELON LE TYPE DE FAMILLE, ÉCHANTILLON DE 97 P. CENT, MARS 1997


    

Personnes seules

Couples sans enfants

Parents seuls

Couples avec enfants

le grand Total

Terre-Neuve 17 386-48% 3 575-10% 7 985-22% 6 820-19% 35 886-100%
Île-du-Price-Édouard 2 992-53% 262-5% 1 640-29% 714-13% 5 614-100%
Nouvelle-Écosse(provincial) 11 991-39% 902-3% 16 252-52% 1 864-6% 31 042-100%
Nouveau-Brunswick 17 115-47% 2 944-8% 11 192-31% 4 926-14% 36 177-100%
Québec 299 511 64% 25 947-6% 98 111-21% 46 806-10% 470 375 100%
Ontario 273 588-47% 28 816-5% 201 900 35% 73 491-13% 577 795 100%
Manitoba (provincial) 11 554-46% 816-3% 12 119-48% 799-3% 25 431-100%
Saskatchewan 21 063-54% 1 618-4% 12 157-31% 4 286-11% 39 124-100%
Alberta 17 534-44% 1 997-5% 15 684-39% 4 878-12% 40 093-100%
Colombie-Britannique 121 256-63% 8 136-4% 48 760-25% 13 090-7% 191 242 100%
Totaux 793 990-55% 75 013-5% 425 800 29% 157 675-11% 1 452 779 100%

      

NOTE: Les régimes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba ne sont pas inclus.



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   L'Ontario est également une province qui possède un régime d'aide sociale à deux
niveaux, mais elle a été capable de fournir des statistiques sur la plupart des régimes
municipaux. Les chiffres municipaux fournis ont été pondérés ou majorés dans la base
de données pour atteindre approximativement le niveau du volume total de dossiers. Dans l'ensemble, le tableau révèle un certain nombre de variations de moindre envergure
d'une province à une autre, variations qui tiennent aux différences au niveau de l'économie
locale, de la politique en matière d'aide sociale et de la composition démographique. Le
gouvernement de l'Alberta, par exemple, a pris la décision, en 1993, de décourager les jeunes
de présenter une demande d'aide sociale et de les orienter vers d'autres possibilités. C'est
probablement ce qui explique dans une large mesure pourquoi le pourcentage des personnes
seules à l'aide sociale en Alberta est très au-dessous de la moyenne.

      

GRAPHIQUE B


      

Cinq et plus est 74 915 5% et quatre personnes 106 869 8%



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   Les statistiques de la base de données sur les types de famille se ventilent également selon
le nombre de personnes dans chaque ménage à l'aide sociale. La ventilation par taille de famille
est présentée dans le graphique B. Il manque des renseignements sur le Nouveau-Brunswick et
sur les programmes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba. Le total
des ménages dans le graphique recouvre 95 p. cent du total national de 1 494 800 cas. Par définition, tous les bénéficiaires de l'aide sociale classés comme personnes seules
tombent dans la catégorie des ménages d'une personne dans le graphique B. Cette catégorie
représente 55 p. cent des ménages. Les ménages à deux personnes du graphique regroupent des
couples sans enfants ou les parents seuls avec un enfant. Les ménages à trois personnes sont
les parents seuls avec deux enfants ou les couples avec un enfant, et ainsi de suite. Ce qui est particulièrement frappant dans le graphique, c'est que 95 p. cent des dossiers
d'aide sociale portaient sur quatre personnes ou moins. Cinq pour cent seulement de tous les
dossiers concernaient cinq personnes et plus. Cela voulait donc dire que la plupart des familles
avec enfants qui sont bénéficiaires de l'aide sociale sont petites, comme nous le verrons dans
un chapitre ultérieur de ce rapport.

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III. RAISONS POUR TOUCHER DE L'AIDE SOCIALE


   Les gens deviennent bénéficiaires de l'aide sociale pour de nombreuses raisons, mais les
deux plus fréquentes sont celles reliées au travail ou à l'invalidité. Le manque de travail est
la plus importante raison particulière pour laquelle les gens sont à l'aide sociale et c'est
probablement la raison de plus de la moitié de tous les ménages. L'invalidité est la deuxième
raison en importance et elle intervient dans environ le quart de tous les cas. La monoparen-
talité est considérée comme une raison particulière d'être bénéficiaire de l'aide sociale par
certains gouvernements provinciaux, mais pas par d'autres. Les raisons d'être à l'aide sociale varient considérablement selon le type de famille. Les
couples avec enfants et les personnes seules sont les plus susceptibles d'avoir des raisons
reliées à l'emploi. Les couples sans enfants seront pour leur part plus susceptibles d'être à
l'aide sociale pour cause d'invalidité. Les raisons d'être à l'aide sociale changent également avec l'âge. Les ménages qui ont
à leur tête des personnes jeunes ont tendance à avoir des raisons reliées à l'emploi. L'invali-
dité est la raison dominante chez les ménages qui ont à leur tête des personnes de 50 ans
et plus. L'âge en soi est considéré par certains gouvernements provinciaux comme une raison
d'être bénéficiaire de l'aide sociale pour certaines personnes âgées. En raison des différences de définition d'une province à une autre, il faut interpréter avec
prudence les statistiques sur les raisons d'être à l'aide sociale. Certaines provinces se sont
débarrassées de la plupart des raisons classiques d'être à l'aide sociale. Elles considèrent
les chefs de la plupart de leurs ménages à l'aide sociale comme étant capables de joindre la
population active tôt ou tard et elles classent les ménages en fonction de la quantité d'effort
qu'il leur faudra consentir pour atteindre cet objectif. Les données provenant de ces provinces
doivent être réorganisées selon les catégories utilisées dans la base de données sur l'aide
sociale et la correspondance n'est pas toujours optimale. Les plus récentes données statistiques disponibles sur les raisons pour lesquelles on est
bénéficiaire de l'aide sociale sont présentées dans le graphique C. Le graphique révèle que 45
p. cent des ménages à l'aide sociale en mars 1997 le sont pour des raisons reliées à l'emploi,

-16-


tandis que 27 p. cent le sont pour des raisons reliées à l'invalidité, 14 p. cent ont indiqué la
monoparentalité comme raison d'être bénéficiaire de l'aide sociale et le reste, 14 p. cent,
d'autres raisons. Il manque des renseignements sur le Nouveau-Brunswick et sur les
programmes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba. Dans l'ensemble,
le graphique rend compte de 95 p. cent du volume estimatif total de 1 494 800 dossiers en
date du mois de mars 1997.

      

GRAPHIQUE C


   L'une des plus grandes incohérences réside dans la façon dont les régimes d'aide sociale
classifient les parents seuls. Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse, l'Ontario et le Manitoba
considèrent le fait d'être parent seul comme une raison qui justifie en soi de toucher des
prestations d'aide sociale. La plupart des autres provinces classifient tous les parents seuls
ou la plupart de ceux-ci dans une catégorie reliée à l'emploi, bien qu'aucune d'elles ne s'at-
tende vraiment à ce que tous les parents seuls soient dans tous les cas membres de la popula-
tion active rémunérée.

-17-


   Comme la plupart des parents seuls sont des femmes, cet état considéré comme raison d'obten-
tion d'aide sociale constitue la principale différence entre les sexes dans les statistiques
sur l'aide sociale. Le graphique D donne les détails. Il y a des graphiques distincts pour les
hommes et pour les femmes pour toutes les provinces sauf le Nouveau-Brunswick et la
Colombie-Britannique et pour l'aide sociale de niveau municipal en Nouvelle-Écosse et
au Manitoba en date du mois de mars 1997. Les deux graphiques ensemble regroupent
82 p. cent du volume national total. Le graphique de gauche, qui représente les hommes seuls qui touchent de l'aide sociale
et les familles ayant un homme à leur tête, montre que 52 p. cent des ménages à l'aide sociale
ont des raisons reliées à l'emploi de toucher de l'aide sociale. Les pères chefs de famille
monoparentale et bénéficiaires de l'aide sociale représentent une autre tranche de deux pour
cent des ménages. Le total combiné des deux catégories est de 54 p. cent.

      

GRAPHIQUE D


      

Hommes Parent seul 10 818 2% Autres raisons 66 134 12%




-18-

   
   Le graphique de droite, qui représente les femmes seules et les familles dont une femme est
le chef, montre que 28 p. cent des ménages ont à leur tête des mères seules et 28 p. cent des
ménages ont des motifs reliés à l'emploi. Les deux catégories totalisent 56 p. cent, chiffre
proche du total combiné pour les hommes, qui est de 54 p. cent. La Colombie-Britannique a été incapable de fournir de ventilation des chefs de ménage
par sexe pour le mois de mars 1997, mais elle présentait une répartition semblable des raisons
pour lesquelles on touchait de l'aide sociale les années antérieures. En mars 1994, par exemple,
il y avait 127 270 ménages bénéficiaires de l'aide sociale en Colombie-Britannique qui étaient
dans la catégorie des raisons reliées à l'emploi et 52 059 autres cas étaient rangés parmi les
parents seuls, pour un total de 179 329 dossiers. La catégorie des parents seuls a été
discontinuée en 1995 et la catégorie des bénéficiaires dont les raisons sont reliées à l'emploi
est montée à 188 915 cas. L'augmentation de 179 329 à 188 915 a été sensiblement la même
que l'augmentation globale des dossiers d'aide sociale d'une année à l'autre. Outre les différences entre les raisons reliées à l'emploi et celles reliées à la
monoparentalité, il y avait des différences au niveau de la définition de l'invalidité d'une
province à une autre. Certaines provinces sont dotées de programmes d'aide sociale spéciaux
pour les personnes handicapées, tels que le programme Soutien financier au Québec, qui est
résolument distinct du programme Actions positives pour le travail et l'emploi, qui concerne les
dossiers d'aide sociale où l'invalidité n'intervient pas. La démarcation entre les programmes
qui s'adressent aux personnes handicapées et les programmes qui s'adressent aux bénéficiaires
valides est moins claire dans certaines autres provinces. De même, la longueur de la période
pendant laquelle une personne doit être invalide pour être considérée comme handicapée diffère
d'une province à une autre. La période minimale va de 90 jours dans le régime d'aide sociale provincial du Manitoba à six mois à Terre-Neuve et à un an au Nouveau-Brunswick. Le tableau 3, à la page suivante, montre le nombre de ménages à l'aide sociale par
province au mois de mars 1997 pour chacune des trois catégories principales décrites ci-dessus
et pour une quatrième catégorie qui regroupe toutes les autres raisons. Le tableau donne
également le pourcentage du volume total de dossiers dans chaque province pour chacune des
raisons indiquées. Le total représente 95 p. cent du volume estimatif total des dossiers
d'aide sociale, qui est de 1 494 800 en date du mois de mars 1997.

-19-

        

TABLEAU 3 MÉNAGES SELON LA RAISON POUR TOUCHER DE L'AIDE SOCIALE, ÉCHANTILLON DE 95 P. CENT, MARS 1997


      

Reliée à l'emploi

Invalidité

Parent seul

Autres raisons

Toutes les raisons

Terre-Neuve 12 303-34% 8 719-24% 7 519-21% 7 345-20% 35 886-100%
Île-du-Prince-Édouard 2 599-46% 2 247-40% 0-0% 768-14% 5 614-100%
Nouvelle-Écosse (provincial) 0-0% 17 230-56% 13 284-43% 528-2% 31 042-100%
Nouveau-Brunswick Données non disponibles
Québec 260 458-55% 109 975 23% 0-0% 99 942-21% 470 375-100%
Ontario 168 164-29% 190 394 33% 160 731 28% 58 505-10% 577 795-100%
Manitoba Provincial 1 203-5% 11 956-47% 11 631-46% 641-3% 25 431-100%
Saskatchewan 14 351-37% 11 870-30% 759-2% 12 144-31% 39 124-100%
Alberta 23 898-60% 8 902-22% 0-0% 7 293-18% 40 093-100%
Colombie-Britannique 153 650-80% 26 595-14% 0-0% 10 997-6% 191 242-100%
Totaux 636 626-45% 387 889 27% 193 923 14% 198 164-14% 1 416 602-100%

        

NOTE: Les régimes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba ne sont pas inclus.


        


-20-

Le tableau ne montre aucun cas relié à l'emploi en Nouvelle-Écosse. C'est parce que
la province n'a pas pu fournir de ventilation de ses cas d'aide sociale municipale. Si les cas
de niveau municipal avaient été inclus, le pourcentage des dossiers reliés à l'emploi serait
probablement proche de la moyenne pour les autres provinces. Le Nouveau-Brunswick a été incapable de fournir des données pour le mois de mars
1997, mais les données pour mars 1996 révélaient que 55 p. cent des ménages à l'aide sociale
l'étaient pour des raisons reliées à l'emploi et les 45 p. cent restants, pour des raisons
reliées à l'invalidité. La catégorie des autres raisons au Québec renvoie principalement à des couples dans des
catégories «mixtes» ressortissant au programme Actions positives pour le travail et l'emploi. Le
programme classe les bénéficiaires de l'aide sociale en fonction de leur volonté ou de leur
capacité de chercher un emploi ou de participer à des programmes reliés à l'emploi. La catégorie
est dite mixte lorsque l'un des conjoints entre dans une catégorie et que l'autre conjoint
entre dans une catégorie différente. Dans le cas de l'Ontario, la catégorie des autres raisons regroupe un grand nombre
de parents seuls. Quant au reste, beaucoup d'entre eux sont des gens de 55 ans et plus. Le pourcentage restreint de cas reliés à l'emploi au Manitoba est attribuable à l'absence
de données sur le volume de dossiers ressortissant à l'aide sociale municipale. En ce qui concerne l'Alberta, la catégorie des autres raisons comprend un certain nombre
de personnes qui sont considérées comme des ajouts temporaires à la liste des bénéficiaires de
l'aide sociale. Beaucoup de ces personnes ont des problèmes de santé ou des responsabilités
familiales d'une sorte ou d'une autre. Le total des bénéficiaires invalides est nettement moin-
dre que dans la plupart des autres provinces, en raison de l'existence en Alberta d'un programme
appelé Assured Support for the Severely Handicapped (Revenu assuré pour les handicapés
profonds) distinct du programme d'aide sociale. En date du mois de mars 1997, en tout,
20 796 personnes ont reçu des prestations en vertu de ce régime en plus des personnes qui
ont touché des prestations d'aide sociale pour cause d'invalidité.

-21-

En Colombie-Britannique, la catégorie des ménages qui ont des raisons reliées à l'emploi
se compose de tous les cas qui relèvent du programme Basic Income Assistance (Aide au revenu
de base) et la catégorie des personnes handicapées se compose des prestataires du programme
GAIN (Guaranteed Available Income for Need; revenu disponible garanti pour les besoins). La
catégorie des raisons autres regroupe des personnes ayant de 60 à 65 ans ainsi que des personnes
de 65 ans et plus qui touchent des prestations GAIN pour les aînés. Aucune de ces catégories
ne correspond parfaitement aux catégories utilisées ailleurs. Outre les fluctuations d'une province à une autre et d'une année à une autre, les raisons
pour toucher de l'aide sociale présentent également d'importantes fluctuations selon le type
de famille et l'âge. Le graphique E, à la page suivante, présente les raisons de toucher de l'aide sociale en
fonction du type de famille. Chez les couples avec enfants touchant de l'aide sociale, ceux qui
ont des raisons reliées à l'emploi représentent 70 p. cent du total, tandis que ceux qui invo-
quentl'invalidité représentent une autre tranche de 19 p. cent. La monoparentalité et les motifs
reliés à l'emploi emportent la part du lion du graphique concernant les familles monoparentales.
L'invalidité est un motif plus important chez les personnes seules et chez les couples sans
enfants. Elle est la raison de toucher de l'aide sociale de 38 p. cent des personnes seules
bénéficiaires de l'aide sociale et de 42 p. cent des couples sans enfants.

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GRAPHIQUE E1

GRAPHIQUE E2

GRAPHIQUE E3

GRAPHIQUE E4



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TABLEAU 4 MÉNAGES À L'AIDE SELON LE GROUPE D'ÂGE ET LA RAISON POUR TOUCHER DE L'AIDE SOCIAL, ÉCHANTILLION DE 95 P. CENT, MARS 1997

Reliée à l'emploi

Invalidité

Parent seul

Autres raisons

Total par groupe d'âge

Moins de 20 ans 27 687 49% 5 260 9% 7 377 13% 16 203 29% 56 528 100%
20-24 96 880-57% 20 520-12% 29 890-18% 23 082-14% 5 614-100%
25-29 98 108-53% 27 862-15% 37 183-20% 22 249-12% 185 402-100%
30-34 106 479-50% 40 903-19% 41 770-20% 22 178-10% 211 331-100%
35-39 102 172-49% 48 896-24% 38 157-18% 18 212-9% 207 437-100%
40-44 82 311-49% 50 451-30% 23 071-14% 12 041-7% 167 874-100%
45-49 61 180-47% 49 667-38% 10 742-8% 7 875-6% 129 464-100%
50-54 42 757-41% 50 301-49% 4 141-4% 6 267-6% 103 465-100%
55-59 16 321-18% 50 078-56% 1 392-2% 21 471-24% 89 261-100%
60-64 2 214-3% 39 805-53% 177-0% 32 237-43% 74 432-100%
65 ans et plus 515-2% 4 145-20% 22-0% 16 342-78% 21 024-100%
Totaux 636 626-45% 387 889-27% 193 923-14% 198 164-14% 1 416 602-100%


-24-


   Les trois principales raisons pour lesquelles des gens sont bénéficiaires de l'aide sociale -
raisons reliées à l'emploi, invalidité et monoparentalité - varient considérablement avec l'âge
des chefs de ménage. On trouvera les détails au tableau 4, à la page précédente. Les raisons reliées à l'emploi de toucher de l'aide sociale chutent considérablement chez
les personnes d'un âge plus avancé. Chez les 20 à 24 ans, on compte 96 880 cas invoquant des
motifs reliés à l'emploi en mars 1997, soit 57 p. cent des cas d'aide sociale de ce groupe
d'âge. Dans le groupe des 60 à 64 ans, on ne compte que 2 214 cas invoquant des motifs reliés
à l'emploi, c'est-à-dire trois pour cent de l'ensemble. La situation est inversée dans les cas où l'invalidité est invoquée. Les personnes seules
bénéficiaires de l'aide sociale ou chefs de ménage handicapés représentent 20 520 dossiers, soit
12 p. cent du total dans le groupe des 20 à 24 ans. Les chiffres accusent une augmentation
considérable et passent à 50 078 cas, soit 56 p. cent, dans le groupe des 55 à 59 ans.
L'augmentation s'explique en partie par la nature cumulative du volume des dossiers d'aide
sociale. Il regroupe des personnes qui étaient handicapées en permanence lorsqu'elles avaient
20 ans, 30 ans, 40 ans, ou 50 ans et sont restées bénéficiaires de l'aide sociale dans les
années qui ont suivi. L'augmentation s'explique également par le fait que le risque d'invali-
dité et de mauvaise santé augmente avec l'âge. Enfin, la monoparentalité comme motif pour toucher de l'aide sociale est évidemment
reliée en partie à l'âge de la procréation chez les femmes. Le nombre des ménages invoquant
la monoparentalité comme motif pour toucher de l'aide sociale commence à accuser une chute
radicale chez les parents seuls dans la quarantaine.

-25-

        

IV. LONGUEUR DE LA PÉRIODE COURANTE À L'AIDE SOCIALE


   Deux des grandes lacunes de notre connaissance des filets de sécurité sociale du Canada sont
la fréquence à laquelle les gens deviennent bénéficiaires de l'aide sociale et la longueur de
la période passée à être bénéficiaires de l'aide sociale. Une personne jeune et en santé peut se
retrouver bénéficiaire de l'aide sociale pour une période de quelques mois à la fois à interval-
les de quelques années lorsque les emplois sont difficiles à trouver. Une personne plus âgée
présentant un handicap chronique peut constater que l'aide sociale est la seule source réaliste
de revenu année après année. Il est difficile de suivre l'évolution de la fréquentation de l'aide sociale au cours de la
vie d'une personne, d'autant plus que la composition des familles change et que les gens déména-
gent d'une province à une autre. La base de données sur l'aide sociale applique la solution de
remplacement la plus avantageuse en faisant état des données sur la longueur de la période
courante qu'une personne a passé à bénéficier de l'aide sociale ou la longueur de la période que
la personne a passé à toucher de façon continue de l'aide sociale au moment où les données
sont collectées. À une extrémité de l'échelle se situent les gens dont la période courante de prestations
d'aide sociale est de trois mois ou moins. Certaines d'entre elles sont indéniablement
bénéficiaires de l'aide sociale pour la première fois de leur vie, tandis que d'autres ont été
bénéficiaires dans les années précédentes également. À l'autre extrémité de l'échelle se
trouvent les gens dont la période courante de prestation est de plus de deux ans. Nombre
d'entre elles ne font certainement plus partie de la population active rémunérée depuis des
années, mais la base de données ne rend pas compte des périodes de prestation d'une durée
particulière plus longue que deux ans. La base de données révèle très peu de différences sur le plan de la période passée à l'aide
sociale d'un type de famille à l'autre, mais il y en a d'énormes lorsqu'on compare les périodes
passées à l'aide sociale et les raisons pour lesquelles on est à l'aide sociale. Les ménages qui
ont des raisons reliées à l'emploi d'être à l'aide sociale ont tendance à être bénéficiaires
pour des périodes courtes, tandis que les ménages à l'aide sociale pour cause d'invalidité y
seront pour plus longtemps.

-26-


   La base de données révèle également une augmentation du nombre des ménages à l'aide sociale
à long terme dans les années postérieures à 1990. Le nombre des bénéficiaires à court terme
semble augmenter en période économique difficile et chuter lorsque l'économie se rétablit.
Toutefois, le nombre des ménages à l'aide sociale à long terme est en augmentation plus ou
moins constante depuis 1990. Les raisons de ce phénomène ne sont pas entièrement claires,
mais la tendance est très alarmante. Le graphique F montre la répartition des ménages à l'aide sociale par longueur de la
période de prestations en date du mois de mars 1997. Le total des ménages dans le graphique
recouvre 95 p. cent du total national de 1 494 800 ménages. Cinquante-quatre pour cent des
ménages dont il est rendu compte dans le graphique sont bénéficiaires depuis 25 mois et plus.
Une autre tranche de 14 p. cent est bénéficiaire depuis 13 à 24 mois.

        

GRAPHIQUE F


        

Inconnu est de 3 066 0% et 3 à 6 mois 177 670 13%



-27-

 

   Le pourcentage des cas à court terme aurait probablement été un peu plus élevé si la base
de données avait inclus des données provenant des programmes municipaux d'aide sociale en
Nouvelle-Écosse et au Manitoba. Les listes de bénéficiaires de l'aide sociale municipale
regroupent principalement des personnes en santé qui feraient normalement partie de la
population active rémunérée. Leur période courante de prestations serait normalement
relativement courte. Le Québec est la seule province à avoir publié des statistiques sur le temps total que pas-
sent les gens à être bénéficiaires de l'aide sociale ainsi que sur la longueur de leur période
courante de prestations. Le graphique G, à la page suivante, présente une comparaison des
données de mars 1997 avec la durée totale du temps passé à être bénéficiaire de l'aide sociale
au cours de la période allant de janvier 1975 à septembre 1995. Le graphique à secteurs dans la partie supérieure montre que le Québec accuse un
pourcentage moyen plus élevé de ménages à l'aide sociale dont la période courante est de
25 mois et plus. Le chiffre de mars 1997 pour le Québec est de 64 p. cent, comparativement
à la moyenne de 54 p. cent dans le graphique F. Le pourcentage de dossiers d'aide sociale dont
la période courante ne dépasse pas six mois est de 14 p. cent au Québec, comparativement à une
moyenne de 21 p. cent dans le graphique F. Le graphique à secteurs de la moitié inférieure révèle une tendance différente lorsque la
mesure utilisée est le temps passé au total à être bénéficiaire de l'aide sociale sur une
période de 20 ans. Les cinq parties blanches du graphique représentent la même période que
la partie blanche unique du graphique du haut. En date du mois de septembre 1995, 18 p. cent
de tous les ménages avaient été bénéficiaires de l'aide sociale pour des périodes totalisant
entre deux et quatre ans, 13 p. cent, de quatre à six ans, neuf pour cent, de six à huit ans,
sept pour cent, de huit à dix ans et 31 p. cent, de dix ans et plus. Les cinq parties blanches
totalisent 78 p. cent du volume total des dossiers. Parmi les ménages à l'aide sociale pour de courtes périodes seulement, six pour cent ont
été bénéficiaires pour moins de six mois en tout à un moment donné au cours des 20 années
précédentes, comparativement à 14 p. cent vivant une période courante de moins de six mois.

-28-



        

GRAPHIQUE G1



        

GRAPHIQUE G2



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   La différence entre les graphiques à secteurs n'est pas surprenante si l'on considère la
nature cumulative de nombre des dossiers de prestations pour cause d'invalidité. Les personnes
gravement handicapées et n'ayant aucun autre moyen de subsistance que l'aide sociale resteraient
probablement bénéficiaires année après année, pas seulement une année ou deux. La proportion
des cas d'invalidité à long terme augmenterait année après année au fur et à mesure que de
nouvelles personnes s'ajouteraient au contingent des prestataires.

TABLEAU 5 MÉNAGES À L'AIDE SELON LA DURÉE DE LA PÉRIODE COURANTE DE PRESTATIONS ET LA RAISON POUR TOUCHER DE L'AIDE SOCIALE, ÉCHANTILLON DE 95 P. CENT, MARS 1997


        

Reliée à l'emploi

Invalidité

Parent seul

Autres raisons

Toutes les raisons

0-3 Mois 120 343-19% 16 627-4% 20 701-11% 20 000-10% 177 670-13%
4-6 Mois 77 626-12% 13 127-3% 13 080-7% 15 960-8% 119 794-8%
7-12 Mois 85 47-13% 20 537-5% 18 010-9% 20 143-10% 144 162-10%
13-24 Mois 101 607-16% 39 057-10% 28 025-14% 31 699-16% 200 388-14%
25 mois et plus 251 258-39% 296 903-77% 113 185-58% 110 177-56% 771 522-54%
Inconnu 320-0% 1 638-0% 923-0% 185-0% 3 066-0%
Totaux 636 626-100% 387 889-100% 193 923-100% 198 164-100% 1 416 602-100%
Les statistiques sur les périodes courantes de prestation sont presque identiques pour les
quatre types de famille, mais on observe des différences frappantes au niveau des dernières

-30-


périodes de prestations et des raisons pour toucher de l'aide sociale.  Les personnes qui
touchent de l'aide sociale et qui sont à la recherche d'un emploi tendent à connaître des pério-
des plutôt courtes que longues de prestation. Les personnes handicapées et les parents seuls
tendent à connaître des périodes plus longues de prestations. Le tableau 5 montre les
données de mars 1997. Le total de 1 416 602 personnes représente 95 p. cent du total national
estimatif de 1 494 800. Les colonnes présentent les principales raisons pour lesquelles on touche des prestations
ventilées en fonction de la longueur de la période courante de prestations. Dans tous les cas,
le groupe le plus important se retrouve chez les 25 mois et plus, mais la taille relative de ce
groupe varie considérablement selon les raisons pour toucher de l'aide sociale. Quarante-quatre pour cent des ménages invoquant des raisons reliées à l'emploi, par
exemple, accusent des périodes courantes de prestations de 12 mois et moins. L'immense
majorité des dossiers reliés à l'invalidité et 58 p. cent des dossiers dans lesquels la
monoparentalité est donnée comme raison pour toucher de l'aide sociale accusent des périodes
actuelles de 25 mois et plus. La base de données révèle également une tendance à des périodes plus longues de
prestations ces dernières années, sans doute en raison de la difficulté qu'il y a à trouver
du travail à la suite de la dernière récession. Le tableau 6, à la page suivante, montre les périodes courantes de prestations dans huit
provinces pour les mois de mars 1990, 1992, 1994, 1995, 1996 et 1997. Le Québec a été exclu
du graphique parce qu'il n'a pas fourni de données sur les périodes courantes pour les six
années et le Nouveau-Brunswick n'a fourni des données pour aucune des six années. Le volume
estimatif total des dossiers au Canada et la taille de l'échantillon sont indiqués aux dernières
rangées. Le nombre des ménages dont la période courante à l'aide sociale est de 25 mois et plus
est passé de 260 809 en mars 1990 à 472 763 en mars 1997, ce qui a représenté une
augmentation de 81,3 p. cent, soit beaucoup plus que l'augmentation globale de 49,1 p. cent
du nombre des ménages dans les huit provinces.

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TABLEAU 6 MÉNAGES À L'AIDE SELON LA PÉRIODE COURANTE DE PRESTATIONS, TOUTES LES PROVINCES SAUF LE NOUVEAU-BRUNSWICK ET LE QUÉBEC


          

Mars 1990

Mars 1992

Mars 1994

Mars 1995

Mars 1996

Mars 1997

% de changement 1990-1997

0-3 Mois 152 111 24% 238 643 25% 210 024 19% 198 048 18% 156 696 15% 143 28715% -5.8%
4-6 Mois 69 100 11% 131 643 14% 123 987 11% 114 667 11% 98 277 10% 88 024 9% 27.4%
7-12 Mois 70 597 11% 136 935 14% 143 098 13% 132 916 12% 120 786 12% 99 617 11% 41.1%
13-24 Mois 81 606 13% 142 446 15% 186 337 17% 175 234 16% 159 933 16% 139 477 15% 70.9%
25 mois et plus 260 809 41% 305 968 32% 430 091 39% 461 336 42% 472 833 46% 472 763 50% 81.3%
Totaux pour 8 provinces 634 581 100% 961 767 100% 1 098 385 100% 1 086 545 100% 1 019 440 100% 946 225 100% 49.1%
Totaux estimatifs 1 056 000 1 471 900 1 675 900 1 659 200 1 582 000 1 494 800 41.5%
Taille de l'échantillon 60% 65% 66% 65% 64% 63%

            

NOTE: Les régimes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au manitoba ne sont pas inclus.



-32-


   Le nombre des ménages dont la période à l'aide sociale est de 13 à 24 mois est parti de
81 606 en 1990 pour atteindre un sommet de 186 337 en mars 1994 et redescendre à 139 477
en mars 1997. Le nombre des périodes courtes à l'aide sociale a atteint un sommet en 1992 ou en 1994
pour chuter jusqu'à mars 1997. Le nombre des ménages dont la période courante à l'aide
sociale est de trois mois et moins a chuté abruptement, passant de 238 643 en mars 1992 à
143 287 en mars 1997. Le chiffre pour 1997 était inférieur de 5,8 p. cent au nombre
comparable de ménages au début de la récession en 1990. Enfin, on observe d'importantes différences au niveau des périodes de prestations
lorsqu'on ventile les statistiques par province, comme au tableau 7 à la page suivante. Les
différences d'une province à une autre sont les plus manifestes dans la première et la cinquième
colonnes, qui représentent la plus courte et la plus longue période de prestations. La gamme des ménages connaissant une période courante de prestations de trois mois et
moins va de quatre pour cent de tous les cas à Terre-Neuve à 28 p. cent de tous les cas en
Alberta. Le pourcentage de ménages à l'aide sociale connaissant des périodes courantes de
25 mois et plus est le plus élevé à Terre-Neuve, à 76 p. cent, et le moins élevé en Alberta,
à 25 p. cent. Les chiffres de Terre-Neuve et de l'Alberta ont très peu changé depuis 1990 et ne
semblent guère avoir de rapport avec les temps difficiles qui ont suivi la dernière récession ou
les changements apportés à la politique d'aide sociale par le gouvernement des deux provinces. Terre-Neuve connaît depuis longtemps des taux de chômage très élevés, ce qui peut
expliquer pourquoi le volume des dossiers d'aide sociale de cette province comporte une
proportion aussi importante de dossiers à long terme. L'Alberta s'est dotée d'un programme
distinct de l'aide sociale appelé Assured Income for the Severely Handicapped (Revenu assuré
pour les handicapés profonds). L'une des raisons pour lesquelles les cas à long terme
représentent une faible proportion de l'ensemble est que nombre de personnes gravement
handicapées qui, ailleurs au Canada, figurent parmi les bénéficiaires de l'aide sociale relèvent
du programme de Revenu assuré en Alberta.

-33-

 

TABLEAU 7 MÉNAGES À L'AIDE SELON LA LONGUEUR DE LA PÉRIODE COURANTE DE PRESTATIONS AU MOIS DE MARS 1997, ÉCHANTILLON DE 95 P. CENT


            

0-3 Mois

4-6 Mois

7-12 Mois

13-24 Mois

25 mois et plus

Toutes les périodes

Terre-Neuve 1 422-4% 1 252-3% 2 081-6% 3 857-11% 27 274-76% 35 886-100%
Île-du-Prince-Édouard 704-13% 587-10% 574-10% 771-14% 2 978-53% 5 614-100%
Nouvelle-Écosse (Provincial) 3 299-11% 1 691-5% 1 342-4% 4 345-14% 18 405-59% 31 042-100%
Nouveau-Brunswick Données non disponible
Québec 34 383-7% 31 770-7% 44-545 9% 60 911 13% 298 759-64% 470 375-100%
Ontario 86 594 15% 48 580-8% 59 562 10% 86 708 15% 295 252-51% 577 795-100%
Manitoba (Provincial) 1 783-7% 1 836-7% 2 555-10% 3 497-14% 15 760-62% 25 431-100%
Saskatchewan 6 248-16% 3 777-10% 4 626-12% 5 628-14%18 845-48% 39 124-100%
Alberta 11 351 28% 7 808-19% 5 299-13% 5 640-14% 9 995-25% 40 093-100%
Colombie-Britannique 31 886 17% 22 493 12% 23 578 12% 29 031 15% 84 254-44% 191 242-100%
Totaux 177 670 13% 119 794 8% 144 162 10% 200 388 14% 771 522-54% 1 416 602 100%

              

NOTE: Les régimes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba ne sont pas inclus.


              


-34-

Le volume des dossiers relevant du Revenu assuré a été de 20 796 en mars 1997, soit
beaucoup plus que le nombre des Albertains connaissant une période courante d'aide sociale
de 25 mois et plus. La proportion des cas d'aide sociale à court terme serait plus élevée en Nouvelle-Écosse
et au Manitoba si les dossiers de l'aide sociale municipale étaient inclus dans les chiffres.

-35-

V. JEUNES, VIEUX ET ENTRE DEUX

L'une des tristes réalités du Canada dans les années 1990 est le grand nombre d'enfants qui
vivent au sein de familles à l'aide sociale. Près de 1,1 million d'enfants de moins de 18 ans
- environ 15 p. cent de tous les enfants ou un enfant sur sept - étaient à l'aide sociale en
date du mois de mars 1997. La plupart des familles avec enfants qui étaient à l'aide sociale
étaient monoparentales et la plupart des familles ne comptaient qu'un enfant ou deux. Par ailleurs, très peu de personnes âgées sont forcées de recourir à l'aide sociale du fait
de l'existence des programmes de la sécurité du revenu qu'administre le gouvernement fédéral.
Beaucoup de personnes de 65 ans et plus qui sont à faible revenu touchent le Supplément de
revenu garanti et la pension de la Sécurité de la vieillesse plutôt que des prestations d'aide
sociale. Certaines personnes de 60 à 65 ans à faible revenu sont admissibles à l'Allocation
au conjoint. Restent les gens dans les groupes d'âge entre les deux. Il existe des variations frappantes
entre les groupes d'âges d'adultes à l'aide sociale selon les types de famille. Beaucoup de
parents qui sont chefs de familles à l'aide sociale ont moins de 50 ans. Beaucoup de couples
à l'aide sociale qui n'ont pas d'enfants à la maison ont plus de 50 ans. Les personnes seules
ont tendance à se répartir plus uniformément dans tout l'éventail des groupes d'âges. Le graphique H à la page suivante présente la répartition des ménages à l'aide sociale au
mois de mars 1997 en fonction du groupe d'âge du chef de la famille ou de la personne seule
à l'aide sociale. Les cas qui composent le graphique représentent 95 p. cent du volume
estimatif national de 1 494 800 dossiers. Les cas du Nouveau-Brunswick et les cas relevant de
l'aide sociale municipale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba ne sont pas inclus. Les personnes ayant entre 20 et 60 ans représentent 89 p. cent des personnes seules ou
des chefs de ménage à l'aide sociale. Quatre pour cent seulement ont moins de 20 ans et sept
pour cent seulement ont 60 ans et plus.

-36-

GRAPHIQUE H

La répartition des ménages par groupe d'âges diffère de façon appréciable selon qu'il
s'agit de ménages avec ou sans enfants, comme le montre le graphique I à la page suivante. Les deux graphiques à secteurs de la moitié supérieure montrent les ménages qui sont
constitués de couples avec enfants et de familles monoparentales. Les secteurs des graphiques
représentant les parents ayant entre 50 et 60 ans sont combinés avec les secteurs des parents de
60 ans et plus parce que les parents de 60 ans et plus à l'aide sociale sont fort peu nombreux.

-37-

GRAPHIQUE I1

GRAPHIQUE I2

GRAPHIQUE I3

GRAPHIQUE I4



-38-

En tout, 87 p. cent des couples avec enfants à l'aide sociale ont dans la vingtaine, la
trentaine ou la quarantaine et 91 p. cent des parents seuls ont dans la vingtaine, la trentaine
ou la quarantaine. Cela n'a pas de quoi étonner, car la plupart des parents ont des enfants
lorsqu'ils sont dans la vingtaine et la trentaine et la plupart des enfants sont toujours à la
maison lorsque leurs parents sont dans la quarantaine. Ce qui, toutefois, peut être surprenant,
c'est le fait que les adolescents qui sont parents seuls ne représentent que trois pour cent
de tous les parents seuls à l'aide sociale. La répartition est différente dans le cas des personnes seules et des couples sans enfants
représentés dans les deux graphiques à secteurs de la moitié inférieure du graphique. Les
personnes seules à l'aide sociale tendent à se répartir de façon plus uniforme dans les groupes
d'âge moyen, comparativement à la répartition des familles avec enfants à l'aide sociale. La
répartition des couples sans enfants révèle une présence massive des couples âgés. Pas moins
de 57 p. cent du secteur des couples sans enfants à l'aide sociale se compose de couples dont
le chef a au moins 50 ans. Les deux secteurs en blanc du graphique, qui représentent les chefs
de ménage qui ont de 50 à 60 ans et 60 ans et plus, sont énormes comparativement aux secteurs
en blanc des graphiques qui représentent les deux types de famille avec enfants. Comme on peut le voir au tableau 8, à la page suivante, la répartition en fonction de
l'âge est très semblable d'une province à une autre. Le grand total est le même que dans le
graphique H, mais les chiffres sont ventilés par tranches de cinq ans plutôt que de dix ans. Soixante-seize pour cent des ménages ont pour chefs des personnes qui sont dans la
vingtaine, la trentaine ou la quarantaine. Quatre pour cent seulement ont moins de 20 ans et
un pour cent seulement, 65 ans et plus. Les aînés sont peu susceptibles de se retrouver à l'aide sociale en raison des prestations
pour les aînés du gouvernement fédéral et des prestations supplémentaires pour les personnes
âgées accordées par certains gouvernements provinciaux et territoriaux. Quelques 21 024
ménages seulement avaient pour chef des personnes de 65 ans et plus. On suppose que certaines
de ces personnes étaient des immigrants récents ou des réfugiés de 65 ans et plus qui ne
remplissaient pas les conditions d'admissibilité aux prestations fédérales versées à l'immense
majorité des aînés.

-39-

TABLEAU 8

MÉNAGES À L'AIDE SELON LE GROUPE D'ÂGE DU CHEF, ÉCHANTILLON DE 95 P. CENT, MARS 1997

 

<20

20-24

25-29

30-34

35-39

40-44

45-49

50-54

55-59

60-64

65+

Tous âges

Terre-Neuve

2 003

6%

5 833

16%

5 158

14%

4 921

14%

4 454

12%

3 736

10%

3 059

9%

2 646

7%

2 269

6%

1 583

4%

224

1%

35 886

100%

Île-du-Prince-

Édouard

255

5%

605

11%

672

12%

757

13%

730

13%

592

11%

528

9%

421

7%

395

7%

310

6%

343

6%

5 614

100%

Nouvelle-Écosse (Provincial)

258

1%

3 118

10%

4 064

13%

4 544

15%

4 749

15%

3 847

12%

2 977

10%

2 718

9%

2 398

8%

1 985

6%

384

1%

31 042

100%

Nouveau- Brunswick

Données non disponibles

Québec

15 382

3%

48 899

10%

53 808

11%

65 259

14%

66 355

14%

58 292

12%

48 608

10%

42 738

9%

37 827

8%

29 237

6%

3 170

1%

470 375

100%

Ontario

22 932

4%

70 771

12%

78 411

14%

90 439

16%

87 779

15%

68 050

12%

49 404

9%

36 684

6%

31 048

5%

29 467

5%

12 809

2%

577 795

100%

Manitoba (Provincial)

1 133

4%

3 749

15%

3 658

14%

3 836

15%

3 633

14%

2 626

10%

2 026

8%

1 548

6%

1 367

5%

1 302

5%

549

2%

25 431

100%

Saskatchewan

2 626

7%

7 039

18%

6 051

15%

5 639

14%

4 882

12%

3 651

9%

2 847

7%

2 400

6%

2 110

5%

1 693

4%

186

0%

39 124

100%

Alberta

1 272

3%

5 138

13%

5 641

14%

6 285

16%

6 257

16%

4 670

12%

3 393

8%

2 827

7%

2 260

6%

1 819

5%

531

1%

40 093

100%

Colombie-Britannique

10 667

6%

25 221

13%

27 939

15%

29 651

16%

28 598

15%

22 410

12%

16 622

9%

11 483

6%

9 587

5%

7 036

4%

2 028

1%

191 242

100%

Totaux

56 528

4%

170 373

12%

185 402

13%

221 331

15%

207 437

15%

167 874

12%

129 464

9%

103 465

7%

89 261

6%

74 433

5%

21 024

1%

1 416 602

100%

Les régimes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba ne sont pas inclus.



-40-

 
   Les données sur les enfants étaient plus difficiles à extraire de la base de données, parce
que certaines provinces n'ont fourni pas de ventilations détaillées par groupe d'âges pour les
membres de familles à l'aide sociale de moins de 19 ans. Pour contourner la difficulté, le
Conseil national du bien-être social a effectué ses propres calculs en partant des données sur
le type de famille dans chaque province. Nous avons supposé qu'il y avait un adulte dans chaque
famille monoparentale et deux adultes dans chaque famille biparentale et que tous les autres
membres de la famille étaient des enfants. Nous avons alors pris le nombre total de bénéfi-
caires individuels dans ces familles et soustrait le nombre approprié d'adultes.

TABLEAU 9 NOMBRE ESTIMATIF DES ENFANTS À L'AIDE SOCIALE, ÉCHANTILLON DE 97 P. CENT, MARS 1997


            

Enfants de familles monoparentales

Enfants de familles biparentales

Les Totaux

Terre-Neuve 12 000 13 000 25 000
Île-du-Prince-Édouard 3 000 2 000 5 000
Nouvelle-Écosse (provincial) 30 000 5 000 35 000
Nouveau-Brunswick 17 000 10 000 27 000
Québec 156 000 92 000 248 000
Ontario 386 000 158 000 544 000
Manitoba (provincial) 22 000 2 000 24 000
Saskatchewan 24 000 10 000 34 000
Alberta 29 000 11 000 40 000
Colombie-Britannique 82 000 26 000 108 000
Totaux 761 000 329 000 1 090 000

              

NOTE: Les régimes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba ne sont pas inclus.


              


-41-

Les résultats pour mars 1997 figurent au tableau 9. Comme les calculs sont des estimations,
les chiffres pour chaque province et les totaux pour les dix provinces sont arrondis
au millier le plus proche. À cause de cette correction, certains des totaux semblent décalés
de 1 000. Globalement, le tableau révèle l'existence d'un nombre estimatif de 1 090 000 enfants
à l'aide sociale en mars 1997, soit 761 000 enfants dans des familles monoparentales et 329 000,
dans des familles biparentales. Pour fins de comparison, il y avait en tout 1 481 000 enfants ou 20.9 p. cent des enfants
vivant dans la pauvreté en 1996, lorsque les derniers chiffres ont été publiés par Statistique
Canada. Les familles de travailleurs à faible revenu avec enfants sont la cause de la majeure
partie de la différence entre les deux chiffres. Toutefois, la base de données sur l'aide sociale est constituée de familles avec enfants qui
étaient à l'aide sociale au cours du mois de mars 1997 et qui n'étaient peut-être pas à l'aide
sociale les 11 autres mois de l'année. Les chiffres de Statistique Canada représentent des
familles qui ont été pauvres pendant toute l'année. Certaines d'entre elles ont été à l'aide
sociale pendant toute l'année, tandis que certains des parents ont fait partie de la popu-
lation active rémunérée pendant la totalité ou la majeure partie de l'année. Le nombre des enfants faisant partie de familles biparentales en Nouvelle-Écosse et au
Manitoba n'est bas qu'en apparence, parce que les données des programmes municipaux d'aide
sociale sont manquantes. Les couples aptes au travail avec enfants relèvent normalement
du régime municipal plutôt que du régime provincial dans les deux provinces. Le graphique J à la page suivante montre le nombre de familles à l'aide sociale comptant
un, deux, trois et quatre enfants et plus parmi les familles monoparentales et les familles
biparentales. Les deux graphiques à secteurs sont proportionnels, pour montrer que le nombre
des familles monoparentales à l'aide sociale est plus grand que le nombre des couples avec
enfants à l'aide sociale. Les nombres indiqués sont des estimations établies par le Conseil national du bien-être
social, de sorte que les chiffres ont été arrondis au millier le plus proche. Le graphique fait état

-42-

de 415 000 familles monoparentales avec enfants à l'aide sociale au mois de mars 1997 et de
153 000 familles biparentales avec enfants à l'aide sociale. À cause de l'absence des données
du Nouveau-Brunswick, le graphique rend compte de 95 p. cent du volume estimatif total
des ménages. Près de la moitié des familles monoparentales à l'aide sociale ne compte qu'un enfant, 31 p.
cent en ont deux, 13 p. cent en ont trois et sept pour cent seulement en ont quatre et plus.
Voilà qui porte un coup au mythe suivant lequel les mères chefs de familles monoparentales
ont une ribambelle d'enfants pour augmenter leurs revenus d'aide sociale. La situation est assez semblable dans le cas des familles biparentales à l'aide sociale.
D'entre elles, 34 p. cent n'ont qu'un enfant, une autre tranche de 35 p. cent en a deux,
19 p. cent en ont trois, et 12 p. cent en ont quatre et plus.

GRAPHIQUE J



-43-

VI. NIVEAU D'INSTRUCTION

L'une des questions les plus intriguantes qui se soient posées aux analystes de l'aide
sociale ces dernières années est celle de savoir si un grand nombre de personnes aptes à
travailler sont «coincées à l'aide sociale» parce qu'elles n'ont pas l'instruction ou les
compétences requises pour obtenir un emploi décent ou si elles se retrouvent à l'aide sociale
principalement parce que l'économie ne crée pas suffisamment d'emplois pour tous les éléments
de la population active. La plupart des gouvernements provinciaux en sont venus à accepter l'explication suivant
laquelle les gens sont coincés à l'aide sociale et mettent par conséquent davantage l'accent sur
l'amélioration de l'employabilité des bénéficiaires de l'aide sociale. Un petit nombre de
provinces ont pris des mesures extraordinaires pour amener les bénéficiaires de l'aide sociale
à hausser leur niveau d'instruction ou à participer à des programmes de formation en vue
d'améliorer leur employabilité. L'Ontario a adopté la mesure extrême consistant à incorporer
une formule de travail obligatoire à son régime d'aide sociale. En vertu de cette formule, les
personnes aptes au travail pourraient être forcées de faire des travaux particuliers pour
obtenir de l'aide sociale. La plupart des emplois obligatoires qui seront créés dans les
mois à venir seront selon toute probabilité inférieurs ou sans avenir. Les statistiques sur l'instruction dans la base de données sur l'aide sociale sont loin
d'être concluantes, mais elles soulèvent des questions au sujet de certains de ces efforts des
provinces. Elles donnent à penser que beaucoup de chefs de ménage ont suffisamment d'instruction
pour avoir au moins un pied dans la population active et elles donnent également à penser que
l'invalidité ou le vieillissement constituent des problèmes plus importants que l'instruction
pour nombre des bénéficiaires de l'aide sociale. On peut dire en gros que les gens qui ont une scolarité de niveau secondaire ou supéri-
eure ont tendance à avoir des raisons reliées à l'emploi d'être à l'aide sociale. Les gens qui
ont une scolarité inférieure au niveau secondaire seront plus susceptibles d'avoir l'invalidité
comme raison d'être à l'aide sociale. La base de données sur l'aide sociale révèle que la
faible scolarité constitue davantage un problème dans la région de l'Atlantique que dans
d'autres parties du pays.

-44-

Les données sur la scolarité sont moins complètes et moins précises que les données
présentées dans d'autres chapitres de ce rapport. Il manque dans la base de données tout les renseignements pour la Colombie-Britannique,
la plupart des renseignements pour le Nouveau-Brunswick, les renseignements sur les ménages
à l'aide sociale municipale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba et les renseignements sur les
ménages à l'aide sociale provinciale en Ontario. Un nombre important de ménages ressortissent
à la catégorie «autre ou inconnu». En tout, les rapports des provinces ne rendent compte que
de 954 652 ménages, soit 64 p. cent du nombre total estimatif de 1 494 800 ménages à l'aide
sociale au pays en date du mois de mars 1997. Dans certaines distributions croisées, la taille
de l'échantillon tombe à 43 p. cent. Les chiffres sont moins précis en raison des différences entre les systèmes d'éducation
des provinces ainsi que des ambiguïtés qui entachent les catégories utilisées dans la base de
données. Certaines provinces considèrent que l'«école secondaire» commence à la septième
année, tandis que pour d'autres, elle commence à la neuvième année. La plupart des provinces
ont indiqué que les chefs de ménage avaient fréquenté un niveau particulier d'école plutôt que
le fait qu'ils ont terminé un niveau particulier. Enfin, comme la scolarité ne détermine pas la taille du chèque de prestation d'une personne,
les travailleurs des services d'aide sociale peuvent ne pas toujours se demander si les
renseignements qu'ils possèdent sur la scolarité sont à jour. Une personne qui est à l'aide
sociale par intermittence plusieurs fois au fil des années, par exemple, pourrait poursuivre ses
études entre les périodes à l'aide sociale sans que le changement ne soit consigné dans
son dossier d'aide sociale. Le graphique K donne un aperçu des données disponibles dans toutes les provinces sauf
la Colombie-Britannique. Seulement 13 p. cent des personnes ou chefs de famille seuls n'ont
pas plus qu'une scolarité de niveau primaire, 59 p. cent ont fréquenté l'école secondaire et 11
p. cent sont allés au collège, à l'université ou à une école technique au niveau postsecondaire.
Le niveau d'instruction des 17 p. cent restants est inconnu.

-45-

GRAPHIQUE K

La ventilation des données par province, au tableau 10, fait ressortir des différences
frappantes. Les quatre provinces de l'Atlantique présentent une part importante des ménages
dont le chef n'a qu'une scolarité de niveau primaire et une petite proportion de ménages dont
le chef a fait des études de niveau postsecondaire. Dans la plupart des autres provinces, les ménages à l'aide sociale dont le chef a au moins
fréquenté l'école secondaire sont de loin les plus fréquents.

-46-

TABLEAU 10 MÉNAGES À L'AIDE SELON LA SCOLARITÉ DU CHEF, ÉCHANTILLON DE 64 P. CENT, MARS 1997

Primaire

Secondaire

Postsecondaire

Autre et inconnu

Tous les niveaux

Terre-Neuve 12 709 35% 19 054 53% 2 691 7% 1 432 4% 35 886 100%
Île-du-Prince-Édouard 1 790 32% 2 722 48% 765 12% 337 5% 5 614 100%
Nouvelle-Écosse (provincial) 12 209 39% 13 421 43% 1 602 5% 3 810 13% 31 042 100%
Nouveau-Brunswick 18 450 51% 13 603 38% 1 881 5% 2 243 6% 36 177 100%
Quebec 51 239 11% 262 933 56% 50 425 11% 105 778 22% 470 375 100%
Ontario (municipal) 7 523 3% 181 659 67% 43 705 16% 38 031 14% 270 918 100%
Manitoba (provincial) 4 258 17% 13 233 52% 1 085 4% 6 847 27% 25 431 100%
Saskatchewan 9 817 25% 24 451 62% 1 280 3% 3 576 9% 39 124 100%
Alberta 2 322 6% 28 9177 2% 4 359 11% 4 495 11% 40 093 100%
Colombie-Britannique Données non disponibles
Totaux 120 317 13% 559 993 59% 107 793 11% 166 549 17% 954 652 100%

              

NOTE: Les régimes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba ne sont pas inclus. Le régime provincial en Ontario n'est pas inclus.


              


-47-

GRAPHIQUE L1

GRAPHIQUE L2

GRAPHIQUE L3

GRAPHIQUE L4



-48-

La base de données révèle des différences frappantes au niveau des raisons d'être
bénéficiaire de l'aide sociale selon le niveau d'instruction, comme le montre le graphique L à
la page précédente. Les données portent sur toutes les provinces sauf le Nouveau-Brunswick,
l'Ontario et la Colombie-Britannique en date du mois de mars 1997 et ne rendent pas compte
des régimes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba. Le nombre des
ménages indiqués dans le graphique combiné atteint 647 557, soit 43 p. cent du total national
estimatif, et les trois graphiques à secteurs qui rendent compte des niveaux d'instruction
totalisent 521 282 ménages, soit 35 p. cent du total national. Les secteurs des graphiques montrent que les raisons d'être à l'aide sociale qui
sont liées à l'emploi augmentent avec le niveau d'instruction de la personne. Les raisons
reliées à l'emploi n'interviennent que dans 34 p. cent des cas où le chef de ménage n'a qu'une
scolarité de niveau primaire, 60 p. cent des cas où la personne a fréquenté l'école secondaire
et 69 p. cent des cas où la personne a fréquenté le collège ou l'université. Réciproquement, l'invalidité comme raison d'être à l'aide sociale diminue radicalement
au fur et à mesure que le niveau d'instruction monte. Comme l'indiquent les secteurs en noir
des graphiques, l'invalidité intervient dans 36 p. cent des ménages où le chef de ménage n'a
qu'une scolarité de niveau primaire. Ce chiffre est à comparer avec les 14 p. cent de chefs de
ménage qui ont fréquenté l'école secondaire et les 11 p. cent qui ont fréquenté le collège ou
l'université. Malgré les carences et les insuffisances de la base de données, il semble évident que
beaucoup de personnes à l'aide sociale sont des personnes handicapées ayant un faible niveau
de scolarité. Certaines d'entre elles peuvent se heurter à des obstacles qui sont plus impor-
tants que le manque d'instruction et certaines encore peuvent être de bonnes candidates pour
des programmes conventionnels d'apprentissage. Par ailleurs, nombre des personnes qui ont un niveau d'instruction raisonnablement élevé
ont des raisons reliées à l'emploi d'être à l'aide sociale. Ce dont elles ont probablement le
plus besoin, c'est d'un plus grand nombre d'emplois sur le marché du travail plutôt que d'un
complément d'instruction.

-49-

VII. AUTRES SOURCES DE REVENU

L'aide sociale est le filet de sécurité sociale de dernier recours; aussi ne faut-il pas
s'étonner de ce que nombre de bénéficiaires de l'aide sociale n'aient aucune autre source
importante de revenu. Cela dit, une fraction non négligeable des bénéficiaires touche
effectivement quelques dollars de plus d'autres sources pour aider à joindre les deux bouts. Le graphique M montre le pourcentage de ménages à l'aide sociale en date du mois de
mars 1997 qui ont d'autres sources de revenu dans toutes les provinces sauf au Nouveau-
Brunswick. Manquent également les données sur les programmes municipaux d'aide sociale en
Nouvelle-Écosse et au Manitoba. En tout, le tableau rend compte de 1 416 602 cas, soit
95 p. cent du volume national estimatif de dossiers.

GRAPHIQUE M



-50-

Les cinq premières barres du graphique, jusqu'à la ligne verticale, montrent les sources
individuelles de revenu d'autres sources et les deux barres à la droite de la ligne verticale
montrent le pourcentage des ménages qui ont un certain revenu d'autres sources et
le pourcentage de ceux qui n'ont aucun revenu d'autres sources. Les chiffres au sommet des cinq premières barres totalisent 36 p. cent, mais la sixième
n'atteint que 29 p. cent. La différence s'explique par le fait que certaines des personnes à
l'aide sociale ont plus d'une source individuelle de revenu d'autres sources. Il peut arriver,
par exemple, que les parents seuls travaillent quelques heures par mois et reçoivent une pension
alimentaire pour enfants en même temps. La barre représentant les paiements de transfert provient d'une très courte liste de
programmes gouvernementaux de soutien du revenu, notamment les programmes fédéraux de
pension pour les personnes de 60 ans et plus, les pensions d'anciens combattants et les
indemnités d'accidents du travail. Elle ne comprend pas les deux plus vastes programmes
fédéraux, le crédit pour la TPS pour les personnes à faible revenu et la Prestation fiscale pour
enfants pour les familles à revenu faible et moyen avec enfants. Si le crédit pour la TPS et la
Prestation fiscale pour enfants avaient été inclus, la barre du graphique des paiements de
transfert se serait située au niveau ou près du niveau de 100 p. cent. Un pour cent seulement des ménages touche des prestations d'assurance-emploi. La raison
pour laquelle ce chiffre est si bas est qu'il faut normalement que les prestataires épuisent
leurs prestations d'assurance-emploi avant de pouvoir être admissibles à l'aide sociale. La
tranche d'un pour cent de cas que révèle le graphique peut comprendre des personnes qui épuisent
tout juste leurs prestations d'assurance-emploi et qui recourent à l'aide sociale pour la
première fois. Il peut également inclure des personnes qui avaient besoin d'aide pendant
qu'elles attendaient leur premier chèque d'assurance-emploi et des personnes qui avaient besoin
de prestations d'aide sociale à titre de complément à des paiements d'assurance-emploi qui
n'étaient pas suffisamment importants pour en vivre. Les deux barres à la droite de la ligne verticale indiquent que 29 p. cent des ménages à
l'aide sociale ont une forme quelconque de revenu provenant d'une autre source que l'aide
sociale et que les 71 autres p. cent n'ont aucun autre revenu d'autres sources.

-51-

GRAPHIQUE N1

GRAPHIQUE N2

GRAPHIQUE N3

GRAPHIQUE N4



-52-

Les proportions et les «combinaisons» de revenu d'autres sources sont remarquablement
différentes lorsque les données sont ventilées par types de famille. Le graphique N à la page
précédente présente les différences en détail. Le graphique rend compte de 1 225 360 dossiers,
soit 82 p. cent du total national estimatif en mars 1997. On constate certaines différences importantes au niveau du pourcentage des ménages
n'ayant aucun revenu d'autres sources. Les chiffres sont de 52 p. cent chez les couples avec
enfants, 57 p. cent chez les familles monoparentales et 55 p. cent chez les couples sans
enfants, mais de 82 p. cent chez les personnes seules. Les salaires constituent une source assez courante de revenu d'autres sources chez les
couples avec enfants à l'aide sociale. La pension alimentaire pour enfants ou la pension
alimentaire simple constituent la source la plus courante de revenu d'autres sources chez les
familles monoparentales à l'aide sociale, devançant tout juste les salaires. Les paiements de
transfert et les salaires constituent les principales sources de revenu d'autres sources chez
les deux autres types de famille à l'aide sociale, mais les deux pourcentages sont extrêmement
bas chez les personnes seules. Certaines des différences au niveau du revenu d'autres sources chez les quatre types de
famille sont attribuables aux différences au niveau des raisons pour lesquelles on touche de
l'aide sociale. Le tableau 11 à la page suivante présente une ventilation de certaines des
sources importantes de revenu en fonction des raisons pour lesquelles les bénéficiaires sont à
l'aide sociale. Les quatre premières rangées montrent le nombre et le pourcentage des ménages qui ont
touché un revenu provenant d'autres sources particulières. Les deux rangées suivantes montrent
le nombre et le pourcentage des ménages qui touchent un certain revenu d'autres sources ou
qui n'ont aucun revenu d'autres sources. Le chiffre le plus important, au sommet du tableau, est celui des 89 053 ménages dont
les raisons pour toucher de l'aide sociale sont reliées à l'emploi et qui ont signalé toucher un
revenu de salaire. Pourtant, ce chiffre ne représente que 18 p. cent des 482 976 ménages ayant
des raisons reliées à l'emploi pour toucher de l'aide sociale.

-53-

TABLEAU 11 REVENU D'AUTRES SOURCES SELON LA RAISON, ÉCHANTILLON DE 82 P. CENT, MARS 1997

Reliée à l'emploi

Invalidité

Parent seul

Autres raisons

Total des ménages

Salaires 89 053-18% 29 888-8% 42 559-22% 29 917-16% 191 817-16%
Paiements de transfert 11 428-2% 66 534-18% 4 371-2% 28 921-15% 111 254-9%
Pensions alimentaires 12 860-3% 5 815-2% 49 220-25% 11 871-6% 79 766-7%
Assurance-emploi 8 786-2% 1 252-0% 2 415-1% 1 571-1% 14 024-1%
Un certain revenu d'autres sources 120 017-25% 100 980-28% 86 903-45% 64 756-35% 372 655-30%
Aucun revenu d'autres sources 362 959-75% 260 316-72% 107 021 55% 122 411-65% 852 707-70%
Totaux 482 976-100% 361 296 100% 193 924 100% 187 166-100% 1 225 360-100%

   Les paiements de transfert constituent une origine très importante de revenu d'autres
sources pour les ménages à l'aide sociale pour des raisons reliées à l'invalidité. Ils sont tou-
chés par 66 534 ménages, soit 18 p. cent de ceux qui ont l'invalidité comme raison de toucher de
l'aide sociale. Les salaires et les pensions alimentaires ou pensions alimentaires pour enfants constituent
tous deux d'importantes sources de revenu pour les chefs de ménage invoquant la
monoparentalité comme raison de toucher de l'aide sociale.

-54-


   Le pourcentage des ménages faisant état d'un certain revenu d'autres sources ou ne
signalant aucun revenu d'autres sources varie aussi de façon importante d'une province à
une autre, comme le montre le tableau 12 à la page suivante. Les pourcentages les plus bas des ménages ayant un revenu d'autres sources sont les
20 p. cent de Terre-Neuve et les 24 p. cent du Québec. Les deux provinces font également état
de très faibles pourcentages de ménages ayant un revenu de salaire. Le pourcentage le plus élevé de ménages ayant un revenu d'autres sources s'observe en
Saskatchewan, où il atteint 51 p. cent. Ce chiffre est toutefois trompeur, parce que la
Saskatchewan a signalé certaines prestations pour les familles avec enfants parmi les paiements
de transfert. Les 32 p. cent de ménages touchant des paiements de transfert s'écartent
considérablement des données des autres provinces. Enfin, le pourcentage élevé des pensions alimentaires en Nouvelle-Écosse est dû au fait
que les seules données signalées proviennent du régime provincial d'aide sociale. Si les
statistiques du régime municipal d'aide sociale avaient été disponibles, le pourcentage des
ménages touchant des pensions alimentaires aurait probablement été plus proche de la moyenne
des autres provinces. Toutefois, les chiffres du Manitoba sont proches de la moyenne même
sans compter les statistiques sur les ménages relevant du régime municipal. Le Nouveau-Brunswick n'a pas fourni de renseignements à verser à la base de données
pour 1997, mais les chiffres des années antérieures recoupaient les moyennes nationales. En
mars 1996, par exemple, 14 p. cent des ménages à l'aide sociale du Nouveau-Brunswick avaient
un revenu salarial, neuf pour cent bénéficiaient de paiements de transfert, deux pour cent
recevaient une pension alimentaire, deux pour cent recevaient des prestations d'assurance-emploi
et deux pour cent avaient d'autres sources de revenu. En tout, 30 p. cent du volume de dossiers
d'aide sociale de la province bénéficiaient d'une forme quelconque de revenu de l'extérieur,
tandis que les 70 p. cent restant n'avaient aucun revenu de l'extérieur.

-55-

 

TABLEAU 12

MÉNAGES À L'AIDE SOCIALE AVEC REVENUS D'AUTRES SOURCES,

ÉCHANTILLON DE 95 P. CENT, MARS 1997

Salaires

Paiements de transfert

Pension alimentaire

Assurance emploi

Autre Revenu

Un certain revenu

Aucun revenu

Totaux des cas

Terre-Neuve

1 126

3 %

2 410

7 %

2 324

6 %

702

2 %

1 225

3 %

7 023

20 %

28 866

80 %

35 886

100 %

Île-du-Prince-Édouard

977

17 %

818

15 %

338

6 %

147

3 %

321

6 %

2 538

45 %

3 076

55 %

5 614

100 %

Nouvelle-Écosse (Régime provincial)

3 820

12 %

3 311

11 %

7 473

24 %

146

0 %

1 773

6 %

11 904

38 %

19 138

62 %

31 042

100 %

Nouveau-Brunswick

Données non disponibles

Québec

38 081

8 %

34 945

7 %

20 004

4 %

5 206

1 %

25 398

5 %

113 552

24 %

356 823

76 %

470 375

100 %

Ontario

110 789

19 %

54 861

9 %

44 657

8 %

6 086

1 %

31 652

5 %

198 237

34 %

379 557

66 %

577 795

100 %

Manitoba (Régime provincial)

3 768

15 %

1 372

5 %

1 659

7 %

248

1 %

436

2 %

6 833

27 %

18 598

73 %

25 431

100 %

Saskatchewan

4 985

13 %

12 437

32 %

1 129

3 %

381

1 %

997

3 %

20 064

51 %

19 060

49 %

39 124

100 %

Alberta

9 211

23 %

1 100

3 %

2 182

5 %

729

2 %

848

2 %

12 504

31 %

27 589

69 %

40 093

100 %

Colombie-Britannique

18 992

10 %

9 382

5 %

13 363

7 %

2 271

1 %

2 246

1 %

41 839

22 %

149 403

78 %

191 242

100 %

Totaux

191 749

14 %

120 636

9 %

93 129

7 %

15 916

1 %

64 896

5 %

414 494

29 %

1 002 110

71 %

1 416 602

100 %

Les régimes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba ne sont pas inclus.

   


-56-


VIII. LOGEMENT


   Le logement représente l'un des plus lourds fardeaux financiers pour les personnes à l'aide
sociale et pour les gens à faible revenu en général. Il n'est pas toujours facile de trouver
un logement qui soit décent, abordable et propre à répondre aux besoins de la famille. Beaucoup
de familles ayant un revenu fixe doivent ménager sur d'autres denrées essentielles pour pouvoir
se payer un meilleur logement. Les formules de logement des personnes à l'aide sociale dépendent dans une large mesure
des politiques provinciales à l'égard de l'aide sociale et du logement et, dans une moindre
mesure, des préférences traditionnelles en matière de logement, lesquelles varient d'une partie
du pays à une autre. La propriété foncière a depuis longtemps la préférence dans la région de
l'Atlantique, où le pourcentage des ménages à l'aide sociale qui habitent une maison leur
appartenant est plus élevé que dans d'autres parties du pays.

              

GRAPHIQUE O



-57-

   
   La plupart des personnes seules et des familles à l'aide sociale sont locataires plutôt que
propriétaires. Comme le montre le graphique O, 68 p. cent de tous les ménages à l'aide sociale
en mars 1997 occupent un logement locatif et sept pour cent occupent un logement subventionné,
qui peut être considéré comme un type de logement locatif. Dans l'ensemble, le graphique rend
compte de ménages à l'aide sociale dans toutes les provinces sauf le Nouveau-Brunwsick et sauf
des ménages à l'aide sociale municipale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba. Le total est
de 95 p. cent du volume national estimatif des ménages. Les dispositions relatives au logement des ménages à l'aide sociale diffèrent de façon
appréciable selon le type de famille, comme le montre le graphique P à la page suivante. Les
deux graphiques à secteurs de la moitié supérieure de la page représentent les couples avec
enfants et les familles monoparentales. Les catégories «chambre et pension» et «cohabitant avec
des membres de la famille» sont si petites qu'elles ont été intégrées à la catégorie «autre et
inconnu» pour les deux types de famille avec enfants. Chez les deux types de famille, le loge-
ment locatif est la formule la plus courante et de loin. Un petit nombre des familles à l'aide
sociale possèdent leur propre maison ou vivent en logement subventionné. On peut présumer
que nombre des propriétaires vivaient dans leur propre maison au moment où ils sont devenus
bénéficiaires de l'aide sociale et qu'il valait mieux pour eux ne pas bouger et continuer de
payer leur hypothèque que de déménager. Les deux graphiques à secteurs de la partie inférieure de la page montrent les formules
de logement des personnes seules et des couples sans enfants. Chez les personnes seules, les
deux parts du graphique correspondant aux catégories «chambre et pension» et «avec famille»
sont assez petites mais elles représentent le gros de tous les bénéficiaires de l'aide sociale
vivant en chambre et pension ou avec des membres de la famille en date du mois de mars 1997.
Chez les couples sans enfants, 23 p. cent sont propriétaires de leur maison, 69 p. cent
sont locataires et le reste se loge selon d'autres formules.

-58-

 


              

GRAPHIQUE P1



              

GRAPHIQUE P2



              

GRAPHIQUE P3



              

GRAPHIQUE P4



-59-


   Les types de logement chez les ménages à l'aide sociale varient considérablement en
fonction des raisons pour lesquelles on est bénéficiaire de l'aide sociale, comme le montre
le tableau 13.

TABLEAU 13 MÉNAGES À L'AIDE SELON LE LOGEMENT ET LA RAISON, ÉCHANTILLON DE 95 P. CENT, MARS 1997


              

Reliée à l'emploi

Invalidité

Parent seul

Autres raisons

Toutes les raisons

Propriétaire 38 059-39% 33 653-35% 11 903 12% 13 458-14% 97 074-100%
Locataire 478 474-50% 213 138 22% 144 208 15% 130 033-13% 965 853-100%
Logement subventionné 20 001-21% 34 684-36% 31 667 33% 10 940-11% 97 291-100%
Chambre et pension 52 437-41% 56 781-45% 2 921-2% 14 957-12% 127 096-100%
Cohabitation avec des membres de la famille 39 711-50% 28 036-35% 2 393-3% 10 045-13% 80 185-100%
Centres résidentiels 251-2% 12 287-90% 16-0% 1 132-8% 13 686-100%
Autres types de logement et inconnu 7 691-22% 9 310-26% 817-2% 17 599-50% 35 416-100%
Totaux 636 626-45% 387 889 27% 193 923 14% 198 164-14% 1 416,602-100%
   Les ménages à l'aide sociale pour des raisons reliées à l'emploi représentent 50 p. cent
des locataires dans le tableau et 50 p. cent de ceux qui cohabitent avec des membres de leur
famille. Les deux chiffres sont plus élevés que les 45 p. cent de l'ensemble des ménages ayant

-60-


des raisons reliées à l'emploi d'être à l'aide sociale, indiqués dans la rangée du bas du
tableau. Réciproquement, les ménages à l'aide sociale pour des raisons reliées à l'emploi ne
forment que 39 p. cent des ménages possédant leur propre maison, 21 p. cent des ménages vivant
en logement subventionné et deux pour cent des ménages vivant dans des centres résidentiels. Les différences les plus frappantes s'observent dans la colonne des ménages dont l'invalidité
est la raison d'être bénéficiaires de l'aide sociale. L'invalidité est mentionnée comme
raison pour toucher de l'aide sociale dans 27 p. cent de tous les cas, mais elle intervient dans
35 p. cent des cas chez les ménages vivant dans leur propre maison, 36 p. cent chez les ménages
vivant en logement subventionné, 45 p. cent chez les ménages vivant en chambre ou pension,
35 p. cent chez les ménages cohabitant avec des membres de la famille et 90 p. cent chez les
ménages vivant dans des centres résidentiels. Le seul type de logement où les personnes
handicapées à l'aide sociale sont sous-représentées - et, encore, de très peu - est le
logement locatif. Les parents seuls à l'aide sociale se logent proportionnellement davantage dans des
logements subventionnés et sont moins portés à prendre chambre ou pension ou à cohabiter
avec des membres de leurs familles. Enfin, on observe d'intéressantes variations des formules de logement chez les ménages
à l'aide sociale d'une province à une autre. Ces variations sont dues en partie à des préfé-
rences locales ou régionales en matière de logement, en partie à la disponibilité des logements
subventionnés et en partie aux options en matière de logement que les fonctionnaires provinciaux
de l'aide sociale préconisent, lorsqu'ils encouragent, par exemple, les personnes seules à opter
pour la chambre ou la pension plutôt que pour un appartement. Le tableau 14, à la page
suivante, présente les différences en détail. La proportion des propriétaires chez les ménages à l'aide sociale est la plus élevée dans les
provinces de l'Atlantique, sans doute, on le suppose, en raison de la vieille préférence de la
région pour la propriété foncière. Le pourcentage des ménages à l'aide sociale vivant dans leur
propre maison est bien supérieur à la moyenne de sept pour cent pour les autres provinces.
Le pourcentage de locataires est nettement inférieur à la moyenne de 68 p. cent.

-61-


                

TABLEAU 14

MÉNAGES À L'AIDE SELON LE TYPE DE LOGEMENT, ÉCHANTILLON DE 95 P. CENT, MARS 1997

 

Propriétaires

Locataires

Chambre & pension

Logement subventionné

Cohabitation avec la famille

Autre & inconnu

Tous les types de logement

Terre-Neuve

7 210

20 %

11 828

33 %

1 898

5 %

3 211

9 %

10 188

28 %

1 551

4 %

35 886

100 %

Île-du-Prince- Édouard

734

13 %

3 060

55 %

357

6 %

0

0 %

664

12 %

799

14 %

5 614

100 %

Nouvelle-Écosse (Régime Provincial)

4 479

14 %

17 698

57 %

2 128

7 %

1 836

6 %

0

0 %

4 901

16 %

31 042

100 %

Nouveau-Brunswick

Données non disponibles

Québec

34 526

7 %

290 890

62 %

68 715

15 %

10 674

2 %

60 167

13 %

5 403

1 %

470 375

100 %

Ontario

34 383

6 %

410 167

71 %

41 449

7 %

69 223

12 %

0

0 %

22 571

4 %

577 795

100 %

Manitoba (Régime Provincial)

1 059

4 %

11 647

46 %

424

2 %

5 542

22 %

2 010

8 %

4 749

19 %

25 431

100 %

Saskatchewan

2 759

7 %

22 550

58 %

4 479

11 %

2 399

6 %

3 047

8 %

3 890

10 %

39 124

100 %

Alberta

2 419

6 %

33 519

84 %

0

0 %

4 111

10 %

0

0 %

44

0 %

40 093

100 %

Colombie-Britannique

9 504

5 %

164 494

86 %

6 680

3 %

0

0 %

965

1 %

9 599

5 %

191 242

100 %

Totaux

97 073

7 %

965 853

68 %

126 130

9 %

96 996

7 %

77 041

5 %

53 507

4 %

1 416 602

100 %

Les régimes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba ne sont pas inclus.

   


-62-

   
   La même tendance s'observait dans les statistiques sur le Nouveau-Brunswick pour mars
1996. Dix-neuf pour cent des ménages à l'aide sociale au Nouveau-Brunswick étaient
propriétaires de leur maison, 49 p. cent habitaient dans un logement loué, 18 p. cent optaient
pour la formule chambre et pension, 12 p. cent vivaient avec des membres de leur famille et
les deux pour cent restant ressortissaient à la catégorie «autre ou inconnu». Le pourcentage des ménages à l'aide sociale qui sont locataires est extrêmement élevé
en Alberta et en Colombie-Britannique. La formule «chambre et pension» est plus courante au Québec et en Saskatchewan
que dans les autres provinces. L'immense majorité des ménages à l'aide sociale occupant un logement subventionné se
retrouve en Ontario et un examen plus poussé de la base de données révèle que la plupart d'entre
eux sont formés de personnes seules ou de familles monoparentales. Ce phénomène est
probablement attribuable aux politiques ontariennes en matière de logement subventionné et
à la disponibilité de logements subventionnés pour les personnes de moins de 65 ans. Enfin, le pourcentage de ménages à l'aide sociale cohabitant avec des membres de leur
famille est proportionnellement le plus élevé à Terre-Neuve, à l'Île-du-Prince-Édouard, et au
Québec. Par contre, bon nombre de ménages au Manitoba classés dans la catégorie autre ou
inconnu étaient des jeunes personnes à l'aide sociale n'ayant aucune dépenses reliées au loge-
ment qui vivaient à la maison avec leurs parents.

-63-


CONCLUSION


   Profil du bien-être social : mythes et réalités est une mine de nouveaux renseignements sta-
tistiques au sujet de l'aide sociale au Canada. Le Conseil national du bien-être social est très
heureux de pouvoir mettre ces renseignements dans le domaine public avec la collaboration de
fonctionnaires fédéraux et provinciaux. Toute personne qui lira ce rapport apprendra quelque
chose de nouveau. Et toute personne se verra rappeler que les notions populaires au sujet de
l'aide sociale et de ses bénéficiaires sont parfois fort éloignées de la réalité. Il y a littéralement des centaines d'observations que l'on pourrait faire à partir des
renseignements versés dans la base de données du projet de profil de l'aide sociale. À notre
avis, trois des plus importantes sont les suivantes : * Il n'existe pas de modèle de bénéficiaire «type» de l'aide sociale. * L'aide sociale procure une aide vitale aux enfants comme aux adultes. * L'aide sociale est devenue une source de revenu à long terme pour un nombre
étonnamment grand de Canadiens et Canadiennes. D'abord et avant tout, nous espérons que les gens qui liront ce rapport seront frappés par
la diversité des dossiers d'aide sociale au Canada. Les bénéficiaires de l'aide sociale se
recrutent chez les personnes âgées comme chez les jeunes, chez les personnes handicapées
comme chez les personnes aptes au travail, chez les gens instruits comme chez ceux qui ont peu
ou pas d'instruction. Chaque chapitre de ce rapport témoigne des antécédents et des situations
variées des personnes à l'aide sociale. Celles-ci diffèrent quant aux raisons pour lesquelles
elles sont à l'aide sociale, au type et à la taille de la famille qu'elles forment, à leur type
de logement, au temps qu'elles ont passé à l'aide sociale et aux sources extérieures de
revenu dont elles bénéficient. À coup sûr, en matière d'aide sociale, les stéréotypes n'ont
rien à voir avec la réalité. Avec toute la publicité qui a entouré la question de la pauvreté des enfants ces derniers
mois, il ne devrait pas être étonnant que plus d'un million des personnes à l'aide sociale en

-64-


date du mois de mars 1997 soient des enfants de moins de 18 ans. Ils étaient à l'aide sociale
pour une raison toute simple : leurs parents ou leurs tuteurs étaient à l'aide sociale. Pour certains lecteurs, cet état de fait sera trop évident pour mériter d'être mentionné,
mais il n'est pas toujours évident dans l'élaboration des politiques d'aide sociale dans toutes
les provinces. L'Ontario, par exemple, n'a pas exempté les familles avec enfants lorsqu'il
a arbitrairement réduit les taux de prestations d'aide sociale en octobre 1995. D'autres
provinces parlent de bonifier les prestations gouvernementales pour enfants et de «retirer les
enfants de l'aide sociale» sans reconnaître que cela ne pourra se faire sans retirer leurs
parents de l'aide sociale en même temps. Les données les plus troublantes, peut-être, de la base de données sont celles qui font état
de la durée des périodes courantes à l'aide sociale. En date du mois de mars 1997, 54 p. cent
des ménages à l'aide sociale y étaient de façon continue pour des périodes de 25 mois et plus.
Des données supplémentaires provenant du Québec donnent à penser qu'un nombre important
de ces ménages pourraient être à l'aide sociale pour des années à la fois. Étant donné le
revenu peu élevé que procure l'aide sociale, il semble improbable que ces personnes choisissent
délibérément de vivre de l'aide sociale année après année. Il est triste de penser que les
gouvernements sont toujours incapable d'imaginer de meilleures façons de gérer l'économie et
de créer davantage de possibilités d'emploi pour les personnes qui peuvent et veulent les
saisir. Ce qui nous amène à la grande question que soulève ce profil des dossiers d'aide sociale :
que ferons-nous de toute cette information nouvelle? Le Conseil national du bien-être social n'a
jamais été en faveur de l'idée de tout simplement dénombrer les pauvres et d'en rester là.
Le but de l'exercice est de dégager de meilleurs moyens pour lutter contre la pauvreté. La base de données sur l'aide sociale nous procure un instantané du volume des dossiers
d'aide sociale au Canada en date du mois de mars 1997. Elle ne nous dit pas, toutefois,
comment au juste ou pourquoi les gens à l'aide sociale s'y sont retrouvés au départ et elle
ne nous permet pas de prédire comment et quand ils pourraient s'en sortir dans l'avenir. Nous souhaiterions que les analystes de la politique sociale, tant à l'intérieur du gouver-
nement qu'à l'extérieur, utilisent la base de données comme un incitatif à poursuivre leur
propre recherche et à élaborer de nouvelles options stratégiques. Parmi les plus urgentes :

-65-


comment régler le problème de la dépendance à long terme à l'aide sociale, comment trouver
davantage d'emplois et de meilleurs emplois pour les gens, comment bonifier l'aide financière
aux parents seuls, et comment encourager des formules de soutien gouvernemental du revenu
des personnes gravement handicapées qui soient mieux adaptées que l'aide sociale. Nous aimerions également espérer que les Canadiennes et Canadiens ordinaires expriment
leur appui aux gouvernement dans leurs efforts pour s'attaquer à ces grandes questions. Une amé-
lioration des politiques d'aide sociale est de l'intérêt de tous les Canadiennes et Canadiens,
parce que tout le monde est exposé à avoir besoin de l'aide sociale à un moment ou à un autre
de sa vie. Les chiffres sont éloquents : le nombre estimatif de 1 494 800 ménages à l'aide
sociale en date du mois de mars 1997 représentait quelque 2 774 900 enfants, femmes et
hommes, soit environ dix pour cent de la population du Canada. La perte d'un emploi, la perte d'un conjoint et la perte de la santé sont autant de raisons
pour lesquelles les gens demandent de l'aide sociale. La plus grande erreur serait de penser
que la plupart d'entre nous sommes à l'abri de ces tragédies personnelles ou des nombreux autres
revers de fortune qui peuvent conduire à l'aide sociale.

-66-


ANNEXE


STATISTIQUES CHRONOLOGIQUES PROVINCIALES ET TERRITORIALES

   Les pages suivantes présentent des données chronologiques sur une province ou un territoire
particulier. Chacune présente un graphique illustrant les tendances des années récentes
et un tableau renfermant des chiffres pour la plupart ou pour la totalité des années entre
1980 et 1997. Les renseignements sur le nombre des bénéficiaires de l'aide sociale et le nombre des
ménages à l'aide sociale ont été fournis par Développement des ressources humaines Canada à
partir de données obtenues de fonctionnaires provinciaux et territoriaux. Il n'y a pas de
statistiques sur le nombre des dossiers en 1980 parce qu'il n'y en a pas qui soient entièrement
compatibles avec les statistiques établies les années suivantes. Les statistiques sur l'aide
sociale au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest ont été publiées sous forme de chiffres
combinés avant 1983, de sorte qu'il n'y a pas de chiffres pour les années antérieures. Les statistiques sur le chômage sont des moyennes annuelles qui ont été calculées par
Statistique Canada et publiées dans Statistiques chronologiques sur la population active. Le
Bureau ne collecte pas de données sur le chômage dans les deux territoires. Les chiffres de
chômage rendent compte des Canadiennes et Canadiens de 15 ans et plus, y compris les aînés,
mais le gros de la population active se compose de personnes de moins de 65 ans. Les statistiques sur les personnes pauvres de moins de 65 ans ont été calculées par
Statistique Canada à partir de la version de base de 1986 des seuils de faible revenu du Bureau
pour chacune des années entre 1980 et 1996. Les chiffres de 1997 ne seront publiés que vers
la fin de 1998. Le Conseil national du bien-être social et la plupart des autres groupes de
recherche sur la politique sociale considèrent les seuils de faible revenu comme des seuils
de pauvreté, même si Statistique Canada ne le fait pas. La catégorie des personnes pauvres de moins de 65 ans a été retenue aux fins de ce rapport
parce que l'aide sociale est, à tout prendre, un filet de sécurité sociale pour les personnes

-67-


de moins de 65 ans.  Les aînés à faible revenu sont normalement admissibles aux programmes
fédéraux, provinciaux et territoriaux de soutien du revenu qui s'adressent aux aînés. Les données concernant le nombre de ménages à l'aide sociale et le nombre de particuliers
à l'aide sociale sont collectées une fois par année, normalement en mars. Les chiffres
présentés dans les tableaux constituent des instantanés de l'aide sociale à un moment donné et
ils ne rendent pas compte du volume des dossiers d'aide sociale pour d'autres mois de l'année.
Les statistiques sur le chômage et la pauvreté s'appliquent à toute l'année.

-68-

 


                

GRAPHIQUE Q

 

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

Chômeurs

Pauvres de moins de 65 ans

1980 1 334 000 p/d 900 000 2 894 000
1981 1 418 400 734 300 933 000 2 910 000
1982 1 502 800 788 100 1 363 000 3 303 000
1983 1 832 900 985 000 1 504 000 3 687 000
1984 1 894 900 1 028 500 1 450 000 3 728 000
1985 1 923 300 1 058 000 1 381 000 3 501 000
1986 1 892 900 1 048 900 1 283 000 3 339 000
1987 1 904 900 1 051 700 1 208 000 3 285 000
1988 1 853 000 1 018 400 1 082 000 3 110 000
1989 1 856 100 1 022 100 1 065 000 2 888 000
1990 1 930 100 1 056 000 1 164 000 3 267 000
1991 2 282 200 1 239 000 1 492 000 3 637 000
1992 2 723 000 1 471 900 1 640 000 3 756 000
1993 2 975 000 1 616 200 1 649 900 4 139 000
1994 3 100 200 1 675 900 1 541 000 4 408 000
1995 3 070 900 1 659 200 1 422 000 4 498 000
1996 2 937 100 1 582 000 1 469 000 4 535 000
1997 2 774 900 1 494 800 1 414 000 p/d


-69-



                  

GRAPHIQUE R

 

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

Chômeurs

Pauvres de moins de 65 ans

1980 48 500 p/d 28 000 119 000
1981 50 400 20 400 30 000 90 000
1982 54 700 22 000 36 000 108 000
1983 51 900 22 900 41 000 139 000
1984 53 300 21 800 46 000 117 000
1985 49 1000 20 900 47 000 113 000
1986 47 000 19 700 44 000 111 000
1987 50 500 21 400 41 000 105 000
1988 47 900 20 300 39 000 83 000
1989 44 800 19 600 38 000 73 000
1990 47 900 21 700 42 000 80 000
1991 51 800 23 500 45 000 91 000
1992 59 800 25 600 49 000 102 000
1993 68 100 32 200 49 000 91 000
1994 67 400 35 400 50 000 102 000
1995 71 000 35 400 44 000 110 000
1996 72 000 36 000 46 000 88 000
1997 71 900 36 000 44 000 p/d


-70-

          


                    

GRAPHIQUE S

 

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

Chômeurs

Pauvres de moins de 65 ans

1980 9 400 p/d 6 000 13 000
1981 10 100 4 500 6 000 17 000
1982 11 300 4 900 7 000 16 000
1983 11 300 5 000 7 000 12 000
1984 9 800 4 400 7000 15 000
1985 9 600 4 300 8 000 14 000
1986 9 200 4 400 8 000 12 000
1987 9 300 4 500 8 000 14 000
1988 8 900 4 400 8 000 13 000
1989 8 300 4 200 9 000 12 000
1990 8 600 4 300 10 000 13 000
1991 10 300 5 100 11 000 15 000
1992 11 800 5 700 12 000 12 000
1993 12 600 6 200 12 000 11 000
1994 13 100 4 400 12 000 13 000
1995 12 400 6 100 10 000 14 000
1996 11 700 5 800 10 000 15 000
1997 11 100 5 600 11 000 p/d


-71-

          


                      

GRAPHIQUE T

 

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

Chômeurs

Pauvres de moins de 65 ans

1980 51 200 p/d 35 000 103 000
1981 62 400 27 700 37 000 112 000
1982 64 600 29 200 48 000 128 000
1983 69 000 31 400 49 000 134 000
1984 67 500 32 200 52 000 123 000
1985 73 600 34 300 54 000 120 000
1986 72 100 35 300 53 000 115 000
1987 73 000 35 600 51 000 108 000
1988 73 800 36 600 43 000 98 000
1989 75 600 38 100 42 000 104 000
1990 78 400 39 600 46 000 101 000
1991 86 200 44 000 52 000 117 000
1992 92 600 46 800 56 000 129 000
1993 98 700 50 200 63 000 130 000
1994 104 000 53 100 58 000 145 000
1995 104 000 53 200 53 000 151 000
1996 103 100 52 900 56 000 150 000
1997 93 700 48 400 55 000 p/d


-72-

          


                        

GRAPHIQUE U


                        

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

Chômeurs

Pauvres de moins de 65 ans

1980 66 300 p/d 32 000 95 000
1981 67 400 29 600 34 000 115 000
1982 62 700 29 700 41 000 126 000
1983 70 100 35 000 44 000 133 000
1984 68 600 65 100 45 000 127 000
1985 69 100 35 400 47 000 104 000
1986 68 800 35 800 46 000 96 000
1987 73 700 36 400 43 000 103 000
1988 70 600 35 400 40 000 88 000
1989 67 700 34 600 42 000 86 000
1990 67 200 34 800 41 000 90 000
1991 71 900 37 800 43 000 89 000
1992 78 200 41 500 44 000 87 000
1993 78 100 42 100 44 000 90 000
1994 73 500 40 000 44 000 103 000
1995 67 400 36 500 41 000 118 000
1996 67 100 35 500 41 000 107 000
1997 70 600 36 200 46 000 p/d


-73-

          


                          

GRAPHIQUE V

 

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

Chômeurs

Pauvres de moins de 65 ans

1980 511 900 p/d 306 000 959 000
1981 532 900 302 300 327 000 949 000
1982 561 900 325 400 428 000 1 038 000
1983 675 800 396 800 441 000 1 080 000
1984 705 900 415 300 412 000 1 165 000
1985 708 700 424 400 390 000 1 072 000
1986 693 900 416 100 365 000 1 048 000
1987 649 600 390 100 349 000 1 024 000
1988 594 000 357 900 325 000 1 048 000
1989 559 300 340 700 324 000 861 000
1990 555 900 343 900 359 000 1 000 000
1991 594 900 366 200 423 000 1 109 000
1992 674 900 413 400 450 000 1 032 000
1993 741 400 450 700 467 000 1 214 000
1994 787 200 473 000 438 000 1 248 000
1995 802 200 479 400 408 000 1 283 000
1996 813 200 483 100 430 000 1 288 000
1997 793 300 470 400 420 000 p/d


-74-

          


                            

GRAPHIQUE W

 

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

Chômeurs

Pauvres de moins de 65 ans

1980 354 800 p/d 310 000 903 000
1981 389 800 203 100 305 000 887 000
1982 406 800 214 900 458 000 1 028 000
1983 471 200 253 100 497 000 1 181 000
1984 484 600 261 500 442 000 1 057 000
1985 485 800 264 900 404 000 1 002 000
1986 485 800 266 400 361 000 896 000
1987 518 400 283 400 321 000 880 000
1988 533 500 228 200 272 000 826 000
1989 588 200 314 400 280 000 801 000
1990 675 700 349 200 351 000 962 000
1991 929 900 474 900 538 000 1 128 000
1992 1 184 700 600 800 609 000 1 173 000
1993 1 287 000 656 900 604 000 1 384 000
1994 1 379 300 696 800 547 000 1 376 000
1995 1 344 600 678 400 501 000 1 505 000
1996 1 214 600 611 900 528 000 1 570 000
1997 1 149 000 578 300 502 000 p/d


-75-



                              

GRAPHIQUE X

 

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

Chômeurs

Pauvres de moins de 65 ans

1980 45 600 p/d 27 000 128 000
1981 46 900 23 600 30 000 139 000
1982 47 800 24 100 43 000 161 000
1983 55 900 29 000 49 000 154 000
1984 59 200 31 100 44 000 152 000
1985 62 800 33 100 44 000 148 000
1986 62 600 33 000 42 000 157 000
1987 60 600 33 200 41 000 153 000
1988 62 700 34 300 44 000 142 000
1989 63 000 34 500 42 000 146 000
1990 66 900 36 800 41 000 157 000
1991 71 700 39 400 49 000 189 000
1992 80 900 45 600 54 000 174 000
1993 88 000 49 800 52 000 162 000
1994 89 300 50 400 52 000 169 000
1995 85 200 48 000 42 000 167 000
1996 85 800 46 200 43 000 172 000
1997 79 100 41 800 38 000 p/d/TH>


-76-



                                

GRAPHIQUE Y


                                

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

Chômeurs

Pauvres de moins de 65 ans

1980 41 400 p/d 20 000 87 000
1981 43 800 22 600 21 000 17 000
1982 48 400 23 600 29 000 119 000
1983 59 700 29 500 36 000 141 000
1984 63 700 31 400 39 000 155 000
1985 64 000 31 600 41 000 150 000
1986 62 700 30 800 39 000 164 000
1987 62 100 30 500 37 000 135 000
1988 60 300 29 900 38 000 143 000
1989 57 200 28 000 37 000 135 000
1990 54 100 26 800 35 000 144 000
1991 53 400 26 700 36 000 147 000
1992 60 400 30 500 40 000 148 000
1993 68 200 35 000 40 000 144 000
1994 81 000 40 200 34 000 151 000
1995 82 200 40 400 34 000 147 000
1996 80 600 39 800 33 000 145 000
1997 79 700 39 100 30 000 p/d


-77-



                                  

GRAPHIQUE Z


                                  

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

Chômeurs

Pauvres de moins de 65 ans

1980 76 100 p/d 44 000 225 000
1981 78 100 31 500 48 000 191 000
1982 91 700 36 300 98 000 230 000
1983 130 600 51 500 137 000 331 000
1984 117 100 47 000 144 000 373 000
1985 124 100 52 600 131 000 329 000
1986 126 600 57 000 131 000 310 000
1987 150 500 71 200 128 000 357 000
1988 149 800 69 900 109 000 326 000
1989 151 700 71 200 98 000 331 000
1990 148 800 69 300 97 000 336 000
1991 156 600 72 500 117 000 356 000
1992 188 300 89 600 135 000 442 000
1993 196 000 93 600 139 000 407 000
1994 138 500 64 500 126 000 387 000
1995 113 200 54 100 116 000 442 000
1996 105 600 50 500 107 000 402 000
1997 89 800 41 700 93 000 p/d


-78-



                                    

GRAPHIQUE Z1

 

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

Chômeurs

Pauvres de moins de 65 ans

1980 122 800 p/d 93 000 263 000
1981 128 000 66 300 97 000 294 000
1982 144 900 75 200 176 000 349 000
1983 228 800 127 900 203 000 383 000
1984 257 100 146 000 220 000 443 000
1985 267 600 153 400 215 000 450 000
1986 255 700 147 600 194 000 428 000
1987 247 700 142 300 189 000 407 000
1988 241 100 138 000 166 000 342 000
1989 230 000 133 000 153 000 339 000
1990 216 000 125 700 142 000 385 000
1991 244 000 144 500 176 000 397 000
1992 279 300 167 700 190 000 461 000
1993 323 300 193 800 179 000 506 000
1994 353 500 210 400 180 000 535 000
1995 374 300 221 800 173 000 562 000
1996 369 900 214 700 176 000 596 000
1997 321 300 191 200 175 000 p/d


-79-



                                      

GRAPHIQUE Z2

 

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

1980 Données non
1981 disponible avant
1982 1983
1983 7 300 2 200
1984 7 000 2 100
1985 7 400 2 300
1986 7 100 2 200
1987 8 300 2 600
1988 9 300 3 000
1989 9 400 3 200
1990 9 600 3 400
1991 10 300 3 800
1992 10 400 3 700
1993 11 100 4 300
1994 11 000 4 400
1995 12 000 4 800
1996 11 800 4 600
1997 12 800 4 900


-80-



                                        

GRAPHIQUE Z3

 

Assistés Sociaux

Ménages à l'aide sociale

1980 Données non
1981 disponible avant
1982 1983
1983 1 300 700
1984 1 100 600
1985 1 500 800
1986 1 400 600
1987 1 200 500
1988 1 100 500
1989 900 500
1990 1 000 500
1991 1 200 6 000
1993 2 500 1 400
1994 2 400 1 300
1995 2 100 1 100
1996 1 700 1 000
1997 2 000 1 100


INDEX DES GRAPHIQUES ET DES TABLEAUX



                                          


Variables Page

Type de famille                           8, 10, 12, 22, 37, 42, 51, 58
 
Raisons pour toucher de l'aide sociale    16, 17, 19, 22, 23, 29, 47, 53, 59

Analyses provinciales                     12, 19, 33, 39, 40, 46, 55, 61

Longueur de la période courante
à l'aide sociale                          26, 28, 29, 31, 33

Scolarité                                 45, 46, 47

Autres sources de revenu                  49, 51, 53, 55

Logement                                  56, 58, 59, 61

Âge                                       23, 36, 37, 39

Enfants                                   40, 42

Taille de famille                         13, 42


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