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III. RAISONS POUR TOUCHER DE L'AIDE SOCIALE


   Les gens deviennent bénéficiaires de l'aide sociale pour de nombreuses raisons, mais les
deux plus fréquentes sont celles reliées au travail ou à l'invalidité. Le manque de travail est
la plus importante raison particulière pour laquelle les gens sont à l'aide sociale et c'est
probablement la raison de plus de la moitié de tous les ménages. L'invalidité est la deuxième
raison en importance et elle intervient dans environ le quart de tous les cas. La monoparen-
talité est considérée comme une raison particulière d'être bénéficiaire de l'aide sociale par
certains gouvernements provinciaux, mais pas par d'autres. Les raisons d'être à l'aide sociale varient considérablement selon le type de famille. Les
couples avec enfants et les personnes seules sont les plus susceptibles d'avoir des raisons
reliées à l'emploi. Les couples sans enfants seront pour leur part plus susceptibles d'être à
l'aide sociale pour cause d'invalidité. Les raisons d'être à l'aide sociale changent également avec l'âge. Les ménages qui ont
à leur tête des personnes jeunes ont tendance à avoir des raisons reliées à l'emploi. L'invali-
dité est la raison dominante chez les ménages qui ont à leur tête des personnes de 50 ans
et plus. L'âge en soi est considéré par certains gouvernements provinciaux comme une raison
d'être bénéficiaire de l'aide sociale pour certaines personnes âgées. En raison des différences de définition d'une province à une autre, il faut interpréter avec
prudence les statistiques sur les raisons d'être à l'aide sociale. Certaines provinces se sont
débarrassées de la plupart des raisons classiques d'être à l'aide sociale. Elles considèrent
les chefs de la plupart de leurs ménages à l'aide sociale comme étant capables de joindre la
population active tôt ou tard et elles classent les ménages en fonction de la quantité d'effort
qu'il leur faudra consentir pour atteindre cet objectif. Les données provenant de ces provinces
doivent être réorganisées selon les catégories utilisées dans la base de données sur l'aide
sociale et la correspondance n'est pas toujours optimale. Les plus récentes données statistiques disponibles sur les raisons pour lesquelles on est
bénéficiaire de l'aide sociale sont présentées dans le graphique C. Le graphique révèle que 45
p. cent des ménages à l'aide sociale en mars 1997 le sont pour des raisons reliées à l'emploi,

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tandis que 27 p. cent le sont pour des raisons reliées à l'invalidité, 14 p. cent ont indiqué la
monoparentalité comme raison d'être bénéficiaire de l'aide sociale et le reste, 14 p. cent,
d'autres raisons. Il manque des renseignements sur le Nouveau-Brunswick et sur les
programmes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba. Dans l'ensemble,
le graphique rend compte de 95 p. cent du volume estimatif total de 1 494 800 dossiers en
date du mois de mars 1997.

  

GRAPHIQUE C


   L'une des plus grandes incohérences réside dans la façon dont les régimes d'aide sociale
classifient les parents seuls. Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse, l'Ontario et le Manitoba
considèrent le fait d'être parent seul comme une raison qui justifie en soi de toucher des
prestations d'aide sociale. La plupart des autres provinces classifient tous les parents seuls
ou la plupart de ceux-ci dans une catégorie reliée à l'emploi, bien qu'aucune d'elles ne s'at-
tende vraiment à ce que tous les parents seuls soient dans tous les cas membres de la popula-
tion active rémunérée.

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   Comme la plupart des parents seuls sont des femmes, cet état considéré comme raison d'obten-
tion d'aide sociale constitue la principale différence entre les sexes dans les statistiques
sur l'aide sociale. Le graphique D donne les détails. Il y a des graphiques distincts pour les
hommes et pour les femmes pour toutes les provinces sauf le Nouveau-Brunswick et la
Colombie-Britannique et pour l'aide sociale de niveau municipal en Nouvelle-Écosse et
au Manitoba en date du mois de mars 1997. Les deux graphiques ensemble regroupent
82 p. cent du volume national total. Le graphique de gauche, qui représente les hommes seuls qui touchent de l'aide sociale
et les familles ayant un homme à leur tête, montre que 52 p. cent des ménages à l'aide sociale
ont des raisons reliées à l'emploi de toucher de l'aide sociale. Les pères chefs de famille
monoparentale et bénéficiaires de l'aide sociale représentent une autre tranche de deux pour
cent des ménages. Le total combiné des deux catégories est de 54 p. cent.

  

GRAPHIQUE D


  

Hommes Parent seul 10 818 2% Autres raisons 66 134 12%




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   Le graphique de droite, qui représente les femmes seules et les familles dont une femme est
le chef, montre que 28 p. cent des ménages ont à leur tête des mères seules et 28 p. cent des
ménages ont des motifs reliés à l'emploi. Les deux catégories totalisent 56 p. cent, chiffre
proche du total combiné pour les hommes, qui est de 54 p. cent. La Colombie-Britannique a été incapable de fournir de ventilation des chefs de ménage
par sexe pour le mois de mars 1997, mais elle présentait une répartition semblable des raisons
pour lesquelles on touchait de l'aide sociale les années antérieures. En mars 1994, par exemple,
il y avait 127 270 ménages bénéficiaires de l'aide sociale en Colombie-Britannique qui étaient
dans la catégorie des raisons reliées à l'emploi et 52 059 autres cas étaient rangés parmi les
parents seuls, pour un total de 179 329 dossiers. La catégorie des parents seuls a été
discontinuée en 1995 et la catégorie des bénéficiaires dont les raisons sont reliées à l'emploi
est montée à 188 915 cas. L'augmentation de 179 329 à 188 915 a été sensiblement la même
que l'augmentation globale des dossiers d'aide sociale d'une année à l'autre. Outre les différences entre les raisons reliées à l'emploi et celles reliées à la
monoparentalité, il y avait des différences au niveau de la définition de l'invalidité d'une
province à une autre. Certaines provinces sont dotées de programmes d'aide sociale spéciaux
pour les personnes handicapées, tels que le programme Soutien financier au Québec, qui est
résolument distinct du programme Actions positives pour le travail et l'emploi, qui concerne les
dossiers d'aide sociale où l'invalidité n'intervient pas. La démarcation entre les programmes
qui s'adressent aux personnes handicapées et les programmes qui s'adressent aux bénéficiaires
valides est moins claire dans certaines autres provinces. De même, la longueur de la période
pendant laquelle une personne doit être invalide pour être considérée comme handicapée diffère
d'une province à une autre. La période minimale va de 90 jours dans le régime d'aide sociale provincial du Manitoba à six mois à Terre-Neuve et à un an au Nouveau-Brunswick. Le tableau 3, à la page suivante, montre le nombre de ménages à l'aide sociale par
province au mois de mars 1997 pour chacune des trois catégories principales décrites ci-dessus
et pour une quatrième catégorie qui regroupe toutes les autres raisons. Le tableau donne
également le pourcentage du volume total de dossiers dans chaque province pour chacune des
raisons indiquées. Le total représente 95 p. cent du volume estimatif total des dossiers
d'aide sociale, qui est de 1 494 800 en date du mois de mars 1997.

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TABLEAU 3 MÉNAGES SELON LA RAISON POUR TOUCHER DE L'AIDE SOCIALE, ÉCHANTILLON DE 95 P. CENT, MARS 1997


  

Reliée à l'emploi

Invalidité

Parent seul

Autres raisons

Toutes les raisons

Terre-Neuve 12 303-34% 8 719-24% 7 519-21% 7 345-20% 35 886-100%
Île-du-Prince-Édouard 2 599-46% 2 247-40% 0-0% 768-14% 5 614-100%
Nouvelle-Écosse (provincial) 0-0% 17 230-56% 13 284-43% 528-2% 31 042-100%
Nouveau-Brunswick Données non disponibles
Québec 260 458-55% 109 975 23% 0-0% 99 942-21% 470 375-100%
Ontario 168 164-29% 190 394 33% 160 731 28% 58 505-10% 577 795-100%
Manitoba Provincial 1 203-5% 11 956-47% 11 631-46% 641-3% 25 431-100%
Saskatchewan 14 351-37% 11 870-30% 759-2% 12 144-31% 39 124-100%
Alberta 23 898-60% 8 902-22% 0-0% 7 293-18% 40 093-100%
Colombie-Britannique 153 650-80% 26 595-14% 0-0% 10 997-6% 191 242-100%
Totaux 636 626-45% 387 889 27% 193 923 14% 198 164-14% 1 416 602-100%

    

NOTE: Les régimes municipaux d'aide sociale en Nouvelle-Écosse et au Manitoba ne sont pas inclus.


    


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Le tableau ne montre aucun cas relié à l'emploi en Nouvelle-Écosse. C'est parce que
la province n'a pas pu fournir de ventilation de ses cas d'aide sociale municipale. Si les cas
de niveau municipal avaient été inclus, le pourcentage des dossiers reliés à l'emploi serait
probablement proche de la moyenne pour les autres provinces. Le Nouveau-Brunswick a été incapable de fournir des données pour le mois de mars
1997, mais les données pour mars 1996 révélaient que 55 p. cent des ménages à l'aide sociale
l'étaient pour des raisons reliées à l'emploi et les 45 p. cent restants, pour des raisons
reliées à l'invalidité. La catégorie des autres raisons au Québec renvoie principalement à des couples dans des
catégories «mixtes» ressortissant au programme Actions positives pour le travail et l'emploi. Le
programme classe les bénéficiaires de l'aide sociale en fonction de leur volonté ou de leur
capacité de chercher un emploi ou de participer à des programmes reliés à l'emploi. La catégorie
est dite mixte lorsque l'un des conjoints entre dans une catégorie et que l'autre conjoint
entre dans une catégorie différente. Dans le cas de l'Ontario, la catégorie des autres raisons regroupe un grand nombre
de parents seuls. Quant au reste, beaucoup d'entre eux sont des gens de 55 ans et plus. Le pourcentage restreint de cas reliés à l'emploi au Manitoba est attribuable à l'absence
de données sur le volume de dossiers ressortissant à l'aide sociale municipale. En ce qui concerne l'Alberta, la catégorie des autres raisons comprend un certain nombre
de personnes qui sont considérées comme des ajouts temporaires à la liste des bénéficiaires de
l'aide sociale. Beaucoup de ces personnes ont des problèmes de santé ou des responsabilités
familiales d'une sorte ou d'une autre. Le total des bénéficiaires invalides est nettement moin-
dre que dans la plupart des autres provinces, en raison de l'existence en Alberta d'un programme
appelé Assured Support for the Severely Handicapped (Revenu assuré pour les handicapés
profonds) distinct du programme d'aide sociale. En date du mois de mars 1997, en tout,
20 796 personnes ont reçu des prestations en vertu de ce régime en plus des personnes qui
ont touché des prestations d'aide sociale pour cause d'invalidité.

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En Colombie-Britannique, la catégorie des ménages qui ont des raisons reliées à l'emploi
se compose de tous les cas qui relèvent du programme Basic Income Assistance (Aide au revenu
de base) et la catégorie des personnes handicapées se compose des prestataires du programme
GAIN (Guaranteed Available Income for Need; revenu disponible garanti pour les besoins). La
catégorie des raisons autres regroupe des personnes ayant de 60 à 65 ans ainsi que des personnes
de 65 ans et plus qui touchent des prestations GAIN pour les aînés. Aucune de ces catégories
ne correspond parfaitement aux catégories utilisées ailleurs. Outre les fluctuations d'une province à une autre et d'une année à une autre, les raisons
pour toucher de l'aide sociale présentent également d'importantes fluctuations selon le type
de famille et l'âge. Le graphique E, à la page suivante, présente les raisons de toucher de l'aide sociale en
fonction du type de famille. Chez les couples avec enfants touchant de l'aide sociale, ceux qui
ont des raisons reliées à l'emploi représentent 70 p. cent du total, tandis que ceux qui invo-
quentl'invalidité représentent une autre tranche de 19 p. cent. La monoparentalité et les motifs
reliés à l'emploi emportent la part du lion du graphique concernant les familles monoparentales.
L'invalidité est un motif plus important chez les personnes seules et chez les couples sans
enfants. Elle est la raison de toucher de l'aide sociale de 38 p. cent des personnes seules
bénéficiaires de l'aide sociale et de 42 p. cent des couples sans enfants.

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GRAPHIQUE E1

GRAPHIQUE E2

GRAPHIQUE E3

GRAPHIQUE E4



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TABLEAU 4 MÉNAGES À L'AIDE SELON LE GROUPE D'ÂGE ET LA RAISON POUR TOUCHER DE L'AIDE SOCIAL, ÉCHANTILLION DE 95 P. CENT, MARS 1997

Reliée à l'emploi

Invalidité

Parent seul

Autres raisons

Total par groupe d'âge

Moins de 20 ans 27 687 49% 5 260 9% 7 377 13% 16 203 29% 56 528 100%
20-24 96 880-57% 20 520-12% 29 890-18% 23 082-14% 5 614-100%
25-29 98 108-53% 27 862-15% 37 183-20% 22 249-12% 185 402-100%
30-34 106 479-50% 40 903-19% 41 770-20% 22 178-10% 211 331-100%
35-39 102 172-49% 48 896-24% 38 157-18% 18 212-9% 207 437-100%
40-44 82 311-49% 50 451-30% 23 071-14% 12 041-7% 167 874-100%
45-49 61 180-47% 49 667-38% 10 742-8% 7 875-6% 129 464-100%
50-54 42 757-41% 50 301-49% 4 141-4% 6 267-6% 103 465-100%
55-59 16 321-18% 50 078-56% 1 392-2% 21 471-24% 89 261-100%
60-64 2 214-3% 39 805-53% 177-0% 32 237-43% 74 432-100%
65 ans et plus 515-2% 4 145-20% 22-0% 16 342-78% 21 024-100%
Totaux 636 626-45% 387 889-27% 193 923-14% 198 164-14% 1 416 602-100%


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   Les trois principales raisons pour lesquelles des gens sont bénéficiaires de l'aide sociale -
raisons reliées à l'emploi, invalidité et monoparentalité - varient considérablement avec l'âge
des chefs de ménage. On trouvera les détails au tableau 4, à la page précédente. Les raisons reliées à l'emploi de toucher de l'aide sociale chutent considérablement chez
les personnes d'un âge plus avancé. Chez les 20 à 24 ans, on compte 96 880 cas invoquant des
motifs reliés à l'emploi en mars 1997, soit 57 p. cent des cas d'aide sociale de ce groupe
d'âge. Dans le groupe des 60 à 64 ans, on ne compte que 2 214 cas invoquant des motifs reliés
à l'emploi, c'est-à-dire trois pour cent de l'ensemble. La situation est inversée dans les cas où l'invalidité est invoquée. Les personnes seules
bénéficiaires de l'aide sociale ou chefs de ménage handicapés représentent 20 520 dossiers, soit
12 p. cent du total dans le groupe des 20 à 24 ans. Les chiffres accusent une augmentation
considérable et passent à 50 078 cas, soit 56 p. cent, dans le groupe des 55 à 59 ans.
L'augmentation s'explique en partie par la nature cumulative du volume des dossiers d'aide
sociale. Il regroupe des personnes qui étaient handicapées en permanence lorsqu'elles avaient
20 ans, 30 ans, 40 ans, ou 50 ans et sont restées bénéficiaires de l'aide sociale dans les
années qui ont suivi. L'augmentation s'explique également par le fait que le risque d'invali-
dité et de mauvaise santé augmente avec l'âge. Enfin, la monoparentalité comme motif pour toucher de l'aide sociale est évidemment
reliée en partie à l'âge de la procréation chez les femmes. Le nombre des ménages invoquant
la monoparentalité comme motif pour toucher de l'aide sociale commence à accuser une chute
radicale chez les parents seuls dans la quarantaine.
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